prosper-cosmos.lu

Ici bas le livre (©) que je viens de publier fin 2014. Bonne Lecture ! Appuyez ctrl+Home pour revenir au début. Le site sera fermé normalement vers la fin de cette année. Vous pouvez aussi acheter le livre, rendez vous à la page Publications.

 

Mon intégration

Un quart de siècle d’histoire

L’Islam en crise

L’Eglise catholique en question

CONCLUSION

 

 

prosper-cosmos.lu

un monde plus prospère grâce à toi

« Tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir et l’espoir est le dernier à mourir ! …une simple goutte d’eau dans l’océan mais sans cette goutte il manque quelque chose à l’océan. »

Mon intégration

Comment j’ai appris à aimer le Luxembourg.

“La pire chose qui puisse arriver à un Italien méridional est de naître dans un pays comme le Luxembourg” voilà une pensée que j’avais souvent quand j’étais adolescent et au début de mes vingtaines, pour moi les mentalités de mes deux pays étaient trop différentes et incompatibles entre elles.

Mon intégration s’est faite avec mon entrée dans le monde du travail et puis avec l’âge j’ai grandi, mûrit. Mais c’est aussi le Luxembourg qui a changé et ce changement a facilité mon intégration.

Le Luxembourg est devenu beaucoup plus multiculturel ces dernières années. Avant quand on pensait immigrés on pensait surtout aux Italiens; puis vers les années 1970 il y eut une grande vague d’immigrés portugais qui sont arrivés et dans les années 1990 une vague d’immigrés (ou réfugiés) des pays de l’ex-Yougoslavie mais aussi Capverdiens, Chinois, etc. Il y a aussi beaucoup d’étrangers des pays limitrophes comme les Français, Belges ou Allemands mais ils ne sont pas toujours considérés comme immigrés (Gastarbeiter). Donc les Luxembourgeois de souche ont compris qu’il y a aussi d’autres nations que les Italiens sur terre et que finalement le monde n’est qu’un village. D’un autre côté chacun peut avoir des problèmes d’intégration, peut importe son origine ou sa religion. Un des meilleurs reportages que j’ai jamais vu était un reportage sur la télévision publique italienne où on interviewait des a) immigrés italiens en Suisse, b) des migrants d’Italie du Sud au Nord, c) une famille d’immigrés sikhs en Italie. Eh ben chacun disait plus ou moins les mêmes choses, chacun se plaignait de problèmes d’intégration ou d’incompréhension rencontrés.

Il est indéniable que tous ces immigrés ont enrichi le Luxembourg. C’est la pluralité et la différence qui ont été enrichissantes. Avant j’avais l’impression que le Luxembourg était un pays trop conservateur, intolérant ou raciste sur les bords. Maintenant je pense que c’est un des pays les plus tolérants qui soit. Certains diront: “même trop !” Pour autant je ne pourrais pas conseiller à quelqu’un de venir au Luxembourg. C’est que l’émigration n’est pas un idéal sauf pour quelques aventuriers. Quel serait l’idéal ? Que chacun puisse rester chez lui et ne soit pas obligé de partir mais aussi que chacun puisse voyager et s’établir librement là où il le juge le plus opportun. Si on a fait des progrès pour la deuxième partie, pour la première c’est loin d’être gagné. Que dire si, en plus, on n’a pas eu le choix. Mon père a eu le choix, il a choisi d’émigrer mais moi je n’ai pas choisi de naître dans un pays qui ne soit pas celui de la majorité de ma famille. Dans un certain sens c’était plus facile pour mon père. A cela s’ajoute que le Luxembourg est plutôt un pays à culture germanique. Je penses que si je serais né dans un pays comme la France ou la Belgique je me serais senti beaucoup mieux intégré dès le départ car il y a un lien très fort entre ces pays et l’Italie: la culture latine. Je ne sais pas si on peut dire que la religion catholique est un lien fort entre le Luxembourg et l’Italie. Il est vrai que c’était un facteur d’intégration car on allait à la messe ensemble avec des Luxembourgeois, on rencontrait des amis, on se faisait des connaissances. Mais ceci était aussi vrai pour l’école, le sport ou autre loisir. Et puis l’Eglise semble offrir un refuge à certains éléments conservateurs, tendant vers l’extrême-droite, qui eux ne sont sûrement pas pour l’intégration des immigrés. Donc, en fin de compte, l’Eglise était plutôt un facteur de division que d’intégration.

Le fait d’être immigré, ou fils d’immigré, est donc loin d’être un idéal. Car souvent ceux qui émigrent le font pour des raisons assez graves comme la guerre, le chômage, la misère, certaines contraintes culturelles, familiales ou autres comme éviter le service militaire. L’intégration est donc un défi, plus ou moins difficile selon les cas. Est-ce que j’ai réussi ?

Il est vrai que le monde du travail m’a grandement aidé à m’intégrer. Tout n’était pas facile au travail mais je me sentais quand-même faire partie d’un ensemble plus grand, d’être un maillon de la chaîne. Voilà comment, en fin de compte, j’ai appris à aimer le Luxembourg.

Oui maintenant je me sens Luxembourgeois car le Luxembourg accepte mon différence. J’ai vu mon pays changer et s’enrichir culturellement. La culture c’est aussi ça: apprendre des autres et accepter comme ils sont. Oui je me sens bien au Luxembourg, je me sens chez moi et ceci n’est pas peu !

Mon Luxembourg

J’ai aussi appris à aimer le Luxembourg pour ce qu’il est: un petit pays qui a toujours su rester humble à côté de voisins grands et puissants. Cette humilité commence par la langue. Où peut-on trouver un pays où l’on apprend dès son plus jeune âge d’autres langues que sa langue maternelle ? Ou à la fin de sa scolarité ou parle presque parfaitement au moins trois langues ? L’humilité s’exprime aussi par la recherche légendaire du consensus chez les Luxembourgeois. Se sentir uni chez soi a toujours été un des piliers de l’histoire luxembourgeoise. L’autre pilier est celui d’apprendre des autres et d’en tirer le mieux. Et puis le Luxembourg est plutôt un pays qu’on peut appeler un pays du Nord: ici on ne montre pas trop ses sentiments. Ceci ne veut pas dire qu’on n’en a pas mais tout simplement qu’on essaie de les maîtriser, de les gérer au mieux. On ne se laisse pas emporter aussi facilement. Il est vrai que dans les pays du Nord on a la réputation de noyer ses problèmes dans l’alcool mais il y a aussi ce flegme légendaire qui laisse tant envier les pays plutôt méridionaux. Oui le bon sens (der gesunde Menschenverstand) est un autre pilier de l’histoire du Luxembourg.

On dira qu’il fait bon vivre au Luxembourg parce que c’est un pays riche. Mais cela ne suffit pas, cela peut aider effectivement mais d’autres éléments tels que les indices de la qualité de vie, de démocratie, sécurité et de liberté sont parmi les meilleurs au monde, proches de ceux des pays scandinaves. Oh certes il y a aussi des zone d’ombre, tout n’est pas idéal comme le démontre l’affaire dite du “Bommeleeër” ou certains scandales politico-financiers. Mais encore une fois: je n’encouragerai jamais personne à émigrer pour les raisons que j’ai déjà expliqué. Ma femme est Philippine et dans son pays beaucoup de jeunes rêvent de partir vivre à l’étranger, les femmes en particulier essaient par tous les moyens de connaître quelqu’un qui puisse les marier et les emmener hors du pays. L’Amérique vient en premier lieu des destinations prisées. Les désillusions sont nombreuses mais il semble que les femmes philippines croient qu’en Occident tout est plus facile. Une cousine à ma femme nous a appelé une fois et elle voulait, dans toute sa naïveté, qu’on la fasse venir au Luxembourg. Je lui ai dit: “ne viens pas ici, les gens ne sont pas gentils, on travaille trop, tout le monde a une voiture mais personne n’est heureux, les familles ne tiennent pas ensemble”. J’étais sincère à ce moment-là mais aujourd’hui je dois constater que j’aurais dû ajouter: « La mentalité aux Philippines est très différente de celle du Luxembourg, beaucoup ne s’adaptent pas en venant ici et s’isolent au sein de leur communauté, ce que moi je ne peux accepter ». Je dois dire que beaucoup de PhilippinEs donnent l’impression à certains d’être trop nonchalants, paresseux, vivant au jour le jour et s’exprimant de manière incompréhensible voire trop vague.

L’intégration de ma femme n’était pas facile non plus mais elle a su recevoir. Pas prendre. Recevoir. Ma femme, tout comme moi, a reçu beaucoup du Luxembourg. Pour cela elle a du s’ouvrir au Luxembourg et aux Luxembourgeois. Voilà toute la différence.

Vous l’aurez compris mon intégration et celle de ma femme n’étaient pas évidentes, c’était un long cheminement et ce chemin n’est pas encore fini. Peut-être que notre exemple servira à donner une certaine idée sur le monde de l’immigration et de l’intégration au Luxembourg.

Un quart de siècle d’histoire

La révolution de 1989

J’ai commencé à travailler le 1er septembre 1989. A l’époque il y avait encore un mur qui séparait les deux Allemagnes et toute l’Europe en général. On ne connaissait pas encore l’Internet et on n’avait pas encore de gsm non plus et à l’époque on allait encore aux guichets pour prélever 4.000,00 LUF. Ah oui à l’époque il n’y avait pas encore l’euro ! Il y avait encore un parti communiste en Italie, des pays comme la Yougoslavie, l’Union Soviétique, la Tchécoslovaquie…

Le monde du travail au Luxembourg était aussi complètement différent. A l’époque trouver un travail était presque une partie de jeu. On vous téléphonait carrément à la maison pour vous demander si vous vouliez travailler pour eux. Il y avait l’embarras du choix, on choisissait son employeur. On vous payait les heures supplémentaires et travailler pour l’Etat n’était pas très bien vu. Par contre la sidérurgie et l’industrie en général étaient encore de gros employeurs. L’ambiance au travail était en général assez collégiale. Et puis il y avait relativement peu d’universitaires. A cela s’ajoute qu’il y avait presque 40.000 frontaliers alors qu’il y en a plus que 150.000 maintenant.

Mais c’est aussi en 1989 qu’on commença à se préoccuper sérieusement des problèmes de l’environnement. En effet l’hiver 1988/1989 fut le premier d’une longue série d’hivers doux avec très peu de neige. De gros changements de société étaient aussi en marche, on commença sérieusement à parler d’égalité des chances, d’émancipation, de renouveau spirituel, de toutes sortes de droits. Oui le droit en général était en pleine expansion.

La chute du communisme

Je vais être sincère: j’étais communiste. J’étais communiste parce que je n’aimais pas le système capitaliste. Pour moi le communisme était un système plus juste, plus équitable, une alternative. Finalement ce n’était qu’une branche du fascisme. Mais c’était bien plus qu’une idéologie, c’était devenue une véritable religion. Une religion basée sur l’erreur.

La première erreur était justement de vouloir remplacer toutes les religions. A force de se prendre pour Dieu le communisme ne supportait plus les opinions divergentes.

La deuxième erreur était de vouloir remplacer les divers sentiments nationaux par un concept d’”homme nouveau”. Le Soviétique au lieu du Russe, le Yougoslave au lieu du Croate…

La troisième erreur était de vouloir réaliser une utopie par tous les moyens et surtout la violence. Oui la plupart des soi-disants communistes étaient de bonne foi, ils voulaient un monde meilleur et se posaient en défenseurs des opprimés et des laissés pour compte. Ils disaient combattre les injustices sociales et les riches. Or voilà un monde où il n’y a ni riches ni pauvres, où tout le monde a un travail et où la propriété privée n’existe pas est une utopie car la cupidité est inhérente à la nature humaine. On ne peut pas obliger les hommes à être égaux et justes, on peut seulement établir des barrières, définir un cadre à ne pas dépasser, proposer des idéaux. Qui ne rêve pas de gagner au lotto ? Qui ne rêve pas d’avoir tout simplement plus ? Peut-on changer la nature humaine ? Et surtout la changer par la force ?

Que dire de ceux qui, comme moi, ont cru à cette utopie et qui tout d’un coup se retrouvent devant le néant ? Le monde n’est pas devenu meilleur avec la chute du communisme en Europe – loin de là – mais c’est la vérité et la réalité qui se sont imposés.

Les nouveaux ennemis

On aurait pu penser qu’avec la fin du communisme en Europe il n’y aurait plus de grands ennemis de qui on devait avoir peur et que finalement on pouvait se concentrer tous ensemble sur de grands thèmes comme la sauvegarde de l’environnement, la lutte contre la pauvreté ou la criminalité, le renouveau spirituel, la surpopulation, la paix, etc.

Mais bien sûr il n’en est rien car s’il est vrai que le communisme était une branche du fascisme ses ennemis l’étaient aussi. Il est clair que ces derniers avaient toujours besoin d’un ennemi et qu’avec la disparition du communisme ils devaient se trouver un nouvel ennemi car sinon ils allaient faire la même fin que les communistes.

Au fait ils se trouvèrent plusieurs nouveaux ennemis: l’Islam, les gens “de gauche”, les immigrés des pays du Tiers Monde, l’Iran, la Corée du Nord, Cuba, etc. A cela s’ajoute que l’implosion du communisme a libéré des forces dans les anciens pays communistes comme le nationalisme et l’intégrisme religieux ce qui allait causer d’innombrables conflits et d’occasions ratées.

La chute du communisme fut donc loin d’être une bénédiction:

1) le monde était autant divisé; au fait on peut (de nouveau) diviser le monde en 3 grands groupes:

– les PRIAS (pays riches sous influence anglo-saxonne),

– l’ALABA (Amérique Latine, Afrique, Balkans, Asie),

– le BRIGCS (Brésil, Russie, Inde, pays du Golfe, Chine, Afrique du Sud)

2) le capitalisme allait devenir beaucoup plus sauvage car un frein avait disparu. La fin du communisme coïncide avec la fragilisation de l’économie et une dérégulation des marchés financiers

3) une voix de protestation avait disparu et il fallait trouver de nouveaux moyens pour exprimer sa révolte. C’est comme ça qu’il y eut la montée de l’intégrisme dans le monde arabo-musulman et de nouveaux courants populistes plus ou moins farfelus en Europe. On pense au Vlamse Blok en Belgique, des politiciens comme Jörg HAIDER en Autriche ou Umberto BOSSI et Silvio BERLUSCONI en Italie.

Les quelques événements positifs sont tout de même la fin de l’apartheid en Afrique du Sud, de certaines guerres civiles en Afrique (Angola, Moçambique) et la démocratisation de l’Amérique Latine.

Les vrais ennemis

Il y aurait tellement de choses où l’on pourrait travailler tous ensemble : pays riches, pays pauvres, Chrétiens, Juifs, Musulmans, etc. Les défis dépendent selon les pays :

Dans les Prias on pourrait résumer les grands défis de la sorte : chômage, perte de valeurs, exclusion, désinformation, nationalisme, ultra-libéralisme.

Pour l’Alaba on pourrait résumer les grands défis comme suit : faim, pauvreté, guerre, ignorance, corruption, oppression.

Un problème qui concerne toute la terre et tous les pays est la destruction de l’environnement. Mais je n’irais pas jusqu’à dire que c’est le défi principal car la pollution et la destruction de l’environnement sont étroitement liés à des maux plus grands comme l’explosion démographique, les technologies inappropriées et des problèmes politiques qui, eux, doivent être combattus en premier. Le développement incontrôlé de la Chine en a fait le deuxième plus grand pollueur au monde. Faut-il rappeler que la Chine est toujours une dictature qui n’a aucun égard pour l’environnement et sa population ? Seuls comptent les chiffres, peut importe le coût ! Et encore moins la vie et la santé de ses citoyens ! Le monde ne devrait pas trop marchander avec la Chine ou le faire en posant des conditions. Autre exemple: la guerre empêche que soit trouvé une solution au problème de l’eau au Proche-Orient. Que pouvons-nous faire si nos politiciens n’agissent pas ? Est-ce que ça va aider beaucoup si moi et deux, trois de mes collègues prenons moins la voiture et allons plus souvent acheter au magasin “bio”? Il faut des mesures plus larges de la communauté internationale ! Mais voilà que le temps presse ! Il n’y a presque plus d’espoirs. Ah si ! La nature a prouvé qu’elle se reprend très vite et parfois beaucoup mieux de ce que prédisaient les experts. De petits gestes de la part des pouvoirs politiques peuvent déjà faire beaucoup mais il faut la volonté ! Il est vrai que la presse ne publie presque jamais les actions positives mais elles existent: l’assainissement de la tamise et la réduction du smog à Londres, la reforestation de certaines zones désertiques au Kenya, l’engagement pour une agriculture “bio” en Égypte, la protection internationale du Rhin, etc. Sans vouloir être trop pessimiste il est fort à craindre que des catastrophes climatiques et autres à répétition (petite liste: tornades, ouragans, températures extrêmes, inondations, glissements de terrain, sécheresses, désertification, air irrespirable dans les grandes villes, intoxication de la chaîne alimentaire) vont être le lot quotidien de la population. Mais est-ce qu’elle compte beaucoup ?

Le plus grand écocide de l’histoire

J’aimerais revenir sur le problème de l’environnement en prenant un exemple en particulier.

Un pays dont on parle souvent ces derniers temps est le Brésil. Ce pays fascine, c’est un pays multiculturel qui diffuse une certaine joie de vivre. Mais c’est aussi un pays dont on veut absolument donner une image biaisée. On veut tout simplement occulter les côtés négatifs. On nous montre le carnaval, la samba, les jolies filles, le football, les plages et en tout petit caractères, en bas de page, on nous parle aussi des favelas, de la criminalité galopante, de la police corrompue, du tourisme sexuel, des injustices sociales, de l’apartheid économique, etc.

Un point dont on parle presque plus et il n’est pas des moindres est la destruction de la forêt amazonienne. On a tout simplement oublié que le Brésil est en train de commettre la plus grande catastrophe écologique de l’histoire après la destruction de la Mer d’Aral. Tellement je suis scandalisé de voir comment on tourne tout simplement la tête devant cette catastrophe. Mais pourquoi ? Peut-être que nous sommes tellement saturés de mauvaises nouvelles que tout simplement nous supportons plus d’en voir encore. Ou peut-être parce que c’est une catastrophe à petit feu, l’Amazonie est déforestée petit à petit, jour après jour. Et puis les Européens ont détruit leurs forêts, les Indonésiens ont détruit leurs forêts tropicales, pourquoi pas les Brésiliens ? Ce qui compte avant tout sont les performances économiques du Brésil. L’écologie ne fait pas encore partie des priorités de ce monde. Et puis il y a aussi bien sûr la pression démographique, les lobbies des gros propriétaires terriens et de l’industrie agro-alimentaire.

Mais voilà ce qu’on oublie est que la forêt amazonienne est un gros producteur d’oxygène, une fois qu’elle ne sera plus là nous risquons d’être confrontés à des changements climatiques irrémédiables, nous aurons moins d’air pour respirer, le climat de la terre sera complètement basculé. C’est tout simplement un crime contre l’humanité, ni plus, ni moins. Le fait que le Brésil laisse presque la moitié de sa population dans l’ignorance et la pauvreté, le fait que le Brésil a le plus grand écart entre Riches et Pauvres risque de nous coûter cher. Le Brésil fait payer la note de ses problèmes sociaux au reste du monde.

Le président Bush a attaqué l’Irak et l’Afghanistan pour rendre le monde plus sûr, pourquoi n’a-t-il pas attaqué le Brésil pour l’obliger à corriger sa politique économique et écologique ? Il n’y a pas crime plus grand que de m’enlever l’air que je respire. Le Brésil est une menace pour la paix du monde. Désolé pour sa population, dans son immense majorité très sympathique, mais tout simplement ce qui se passe maintenant n’est plus acceptable et il faut que ça se sache ! Nous devons réagir, indignons-nous ! L’Amazonie appartient à tout le monde et nous devons en payer le prix. Si nous voulons que le Brésil préserve sa forêt amazonienne nous devons aussi le soutenir financièrement. Il y va de la survie de notre planète.

Une révolution ratée

Qui ne se rappelle pas de l’ancien président américain George BUSH senior qui parlait tout le temps d’un nouvel ordre mondial et de l’ancien pape Jean-Paul II qui rappelait l’héritage chrétien de l’Europe. Oui on croyait avec la chute du communisme en Europe à un nouvel ordre mondial fait de paix et de progrès et à un renouveau spirituel avec la vague d’engouement pour la religion créée par le pape Jean-Paul II.

Quelle personne a été la plus populaire, a fait le plus d’impression et a été la plus influente ces 35 dernières années ? Justement: Karol Wojtyla, le pape Jean-Paul II. Tout d’un coup les gens commençaient de nouveau à s’intéresser à la religion alors qu’on croyait que les Eglises allaient se vider progressivement. Il y eut une vague de renouveau religieux mais pas forcément spirituel. Il y eut aussi une poussée de l’intégrisme en Occident mais qui heureusement n’allait pas faire trop de dégâts en Europe mais qui en fera malheureusement beaucoup aux États-Unis. Il y eut aussi une vague d’échanges avec les autres religions et, contrairement à ce qu’on pourrait croire, des progrès notables dans le dialogue avec l’Islam et le Judaïsme surtout mais moins avec les Eglises “sœurs” chrétiennes comme l’Orthodoxie et le Protestantisme. Il peut sembler ridicule que le dialogue entre Eglises chrétiennes soit tellement compliqué, au fait il y eut des progrès mais aussi des régressions. C’est comme si on aurait fait trois pas en avant et deux pas en arrière (où est-ce plutôt l’inverse ?). Le plus grand ratage fut le dialogue avec l’Eglise orthodoxe. Alors que l’Eglise catholique soutenait l’Eglise orthodoxe russe persécutée durant le communisme cette dernière fit vite de tourner le dos après. Elle accusait l’Eglise catholique de vouloir pratiquer le prosélytisme sur son territoire alors que celle-ci voulait juste récupérer certains droits perdus en Ukraine surtout durant le communisme. Il n’y a qu’en religion que le ridicule est le plus grand. Est-ce normal que l’Eglise orthodoxe ait les mêmes fêtes religieuses que l’Eglise catholique mais refuse catégoriquement de les fêter le même jour ? Au fait l’Eglise orthodoxe suit un autre calendrier que l’Eglise catholique. Imaginez les progrès si ces deux Eglises se mettraient d’accord au moins sur le calendrier ! En ce qui concerne le dialogue avec les Protestants ce sont ici les Catholiques qui accusent les Protestants de vouloir pratiquer le prosélytisme. Ceci semble être vrai si l’on voit la situation au Brésil ou les Philippines où des milliers de Catholiques convertissent tous les ans vers le Protestantisme. On ne peut pas s’attendre à des progrès avec la religion si la politique ne s’en mêle pas. Un moyen serait par exemple à obliger les différentes confessions à se mettre d’accord entre elles à défaut de quoi il n’y aurait pas de contribution financière de l’Etat. Une autre proposition serait de lier les financements publics au respect des droits de l’homme élémentaires (par exemple: exiger de l’Eglise catholique de ne plus imposer le célibat aux curés). Or que fait la politique ? Elle utilise la religion pour fortifier son pouvoir et mieux manipuler la population. Il faudrait peut-être instituer une morale laïque à enseigner dans les écoles, essayer d’inventer un mouvement spirituel (dans le sens le plus large, ce qui inclut notamment les notions de morale ou d’éthique) qui ne soit pas religieux ou dans ces eaux là. Mais c’est presque impossible car la religion est le meilleur vecteur du spirituel. Or que faire si les religions veulent plutôt camper sur leurs privilèges que s’occuper de leurs ouailles et en plus ne réussissent pas à se mettre d’accord sur des détails ? Il n’y a donc pas eu de renouveau spirituel en Europe mais au contraire il y a eu un véritable triomphe du rationalisme. Le pape Jean-Paul II parlait aussi des dangers du relativisme et du cynisme mais ils vont tous dans le même sens. L’Europe a complètement oublié son héritage chrétien. Première victime: l’institution de la famille. Jamais les taux de divorce n’ont été aussi élevés et ça s’empire de jour en jour. C’est le manque du spirituel qui casse les familles pas le fait que les femmes travaillent ou soient émancipées. Voilà peut-être le plus grand défi pour l’Europe pour l’avenir. Et la réponse ne peut être que laïque !

La restauration en Europe

L’autre grand défi et ratage en Europe est le social, donc tout ce qui est sécurité sociale et stabilité de l’emploi. En réalité on a l’impression que l’on est en train d’assister à un grand retour en arrière. C’est comme si on essayait de casser petit à petit tous les acquis sociaux obtenus durant les “trente glorieuses”: système des retraites, assurance maladie; sécurité, durée et rémunération du travail convenables. Une deuxième restauration en somme. On nous explique que c’est inévitable, chiffres et statistiques à l’appui. C’est le règne du discours fermé, de la pensée unique. On ne voit presque nul part, dans aucun pays, un mouvement qui essaierait d’aller dans le sens inverse. Il n’y a que peu de voix qui s’élèvent contre cette pratique; ils manquent tout simplement les arguments ou la force de conviction. A cela s’ajoute que les adeptes de cette pratique (en économie des libéraux ou néo-libéraux mais politiquement conservateurs) sont des véritables maîtres de la communication. Qu’est ce qu’on peut faire ? Nationaliser à grande échelle, fermer les frontières à certains produits ? Revenir au communisme ? Il faudrait peut-être commencer par des petites choses comme par exemple régulariser davantage le droit au licenciement. En tout cas il faut absolument explorer de nouveaux chemins ! Le monde scandinave comme avant-garde des progrès sociaux pourrait, je ne peux le répéter assez souvent, servir d’exemple pour beaucoup de choses, en tout cas c’est vers là que l’Europe devrait regarder.

Il est vrai que les pays scandinaves font peur avec leurs impôts élevés et leurs coûts de la vie prohibitifs. Ce sont aussi des pays très libéraux et de plus en plus de personnes ne sont plus d’accord avec cette politique. Dans les pays scandinaves aussi il y a une montée de l’extrême-droite. Mais ceci ne veut pas dire que ces pays ne doivent pas servir d’exemple pour beaucoup de choses.

Autre piste à explorer : il y a bien un domaine où il y aurait du travail et même de l’argent à gagner mais où plus personne ne veut aller : l’agriculture. Les Prias sont en train de perdre toute une culture qu’il y avait derrière l’agriculture. Il faudrait aussi se poser la question si ce secteur primaire qui est en train de disparaître ne mérite pas plus d’attention.

Finalement la réponse ne peut être que globale, il faut une Europe encore plus unie et plus d’Unions Européennes dans le monde. Est-ce que l’Euro n’a pas protégé l’Europe d’une récession encore plus grande ? Le temps des frontières est révolu.

L’Europe en 2014 est de plus en plus l’Europe du chômage et de la précarité et il est clair que pour combattre ce chômage et cette précarité il faut une action à l’échelle internationale. Et les discussions qui sont menées actuellement avec les Etats-Unis et le Canada sur le libre échange vont sûrement dans le mauvais sens. En tout cas une chose sûre : l’objectif est surtout de consolider le pouvoir économique colonial sur l’Alaba et d’éviter un commerce plus équitable. Et d’éviter aussi que les populations des Prias prospèrent.

Le grand bond en arrière

Les défis ne manquent pas depuis la chute du communisme en Europe, les chances non plus mais est-ce qu’on a su les utiliser ? Pour conclure sur les paroles de George Bush senior on peut constater que cet “nouvel ordre mondial” est plutôt un grand bond en arrière ! Et que d’occasions ratées ! Démocratie, liberté de la presse, respect des droits de l’homme, justice indépendante, sécurité sociale, paix: c’était trop demander. Ce sont des médicaments que l’on veut nous administrer qu’à toutes petites doses. Avoir une économie libre et diversifiée était aussi trop demander. On a voulu laisser tout le marché à un petit nombre de grands groupes et surtout maintenir les salariés dans la précarité. Adam Smith ne pouvait pas s’imaginer que l’humanité pouvait être cupide à ce point. Un exemple frappant est l’informatique. Jusqu’à récemment Microsoft contrôlait presque 90% du marché des logiciels. Idem pour internet avec ses deux géants Google et Facebook. L’économie est une dictature par excellence. Que compte le petit salarié ? Ce n’est devenu qu’un nombre dans une statistique. Depuis la fin du communisme le monde du travail a changé, il va de plus en plus vers l’hyper-rationalisme et l’efficience absolue. Il y a beaucoup plus de tensions, de problèmes liés au stress qu’avant. Des expressions tels que harcèlement moral (mobbing), burn-out n’existaient pas avant. Et quand pouvoir économique et politique ne font plus qu’un les risques de dérapages sont encore plus grands comme nous allons le voir.

Au fait on nous donne un peu de droits de l’homme mais en même temps on se réserve une arrière-porte pour contourner ces mêmes principes. Un bon exemple est Guantanamo, peut-être un des plus grands scandales de l’après-guerre, on a trouvé le moyen de contourner toutes les lois on parquant des prisonniers dans une zone franche où presque tout est permis. On nous dit que ce sont des terroristes mais demain ce seront des prisonniers politiques ou de droit commun. On nous donne un peu de respect de l’environnement mais en même temps on se crée des arrières-cours où l’on peut contourner ces mêmes principes. Ainsi on va déposer des déchets hautement toxiques en Afrique qui sert de plus en plus de poubelle pour le monde industrialisé. On a créé une politique du Hintertür et Hinterhof. Autre exemple : on nous parle de justice fiscale et sociale mais en même temps on se créé des zones off-shore ou paradis fiscaux pour justement éviter à certains de payer plus d’impôts.

Ce qui est pire encore c’est cette manipulation constante de l’opinion publique. On pourrait aussi parler de désinformation. L’information est monopolisé par quelques grand groupes: AFP, REUTERS, AP et quelques autres de moindre importance. C’est eux qui filtrent ce qui doit sortir et non. Ainsi on nous fait croire à des personnages qui ressemblent étrangement au Père Noël avec leur grande barbe, je pense par exemple à Oussama Ben Laden. A-t-il vraiment existé ? Était-ce vraiment lui lorsqu’il apparaissait dans des vidéos ? Pourquoi on nous cache tellement de choses sur sa mort ? Autres exemples de manipulation: les instituts de sondage et les centres de recherche qui établissent des statistiques. Peut-on croire toutes les statistiques que l’on voit dans les journaux ? Aux États-Unis on veut laisser croire que la criminalité a diminué alors qu’en réalité elle a fortement baissé à New York mais reste encore très élevée voire en augmentation dans les autres grandes villes. Est-ce que Berlusconi est vraiment si populaire comme veulent le démontrer les sondages publiés dans les journaux ? En réalité les principaux instituts de sondage sont contrôlés par des groupes lui appartenant et la plupart des Italiens ont plutôt des opinions mitigés. Voilà un bon moyen pour détourner l’opinion publique. Ceci se reflète dans les élections. Jamais les élections dans les Prias n’ont été tellement manipulés que maintenant.

Avoir un monde en paix était aussi trop demander. Aujourd’hui on ne peut pas vivre en paix si on n’a pas de bombe atomique et les États-Unis comme allié, le meilleur exemple en est Israël et le monde musulman. George Bush père n’a pas réussi à apporter la paix au Proche et Moyen-Orient, George Bush fils l’a mis à feu et à sang. C’est peut-être le plus grand ratage depuis la chute du communisme. Au lieu d’avoir la paix on a eu la guerre.

Le défi de l’information

Le pape Jean-Paul II, que j’admire beaucoup, avait définit les grands défis pour l’humanité tout simplement comme pain, vie, paix, liberté. On en pourrait ajouter tant d’autres. Moi j’en prendrais un en particulier: l’information. Pourquoi l’information ? Parce que nous vivons dans des sociétés d’information, jamais on a eu tant accès à des informations comme maintenant. L’internet en est pour quelque chose bien sûr. Mais on peut aussi ajouter la télévision et la téléphonie mobile. Or certains ont l’impression que l’ignorance est aussi en train de progresser. Est-ce qu’il y a plus de bêtise dans le monde aujourd’hui qu’avant ? Oui et non. Le problème sont ceux qui n’ont pas accès à l’information ou qui refusent de l’avoir et ceux qui la comprennent mal. Il s’agit de limiter les dégâts par l’éducation. Justement l’éducation qui donne toute sa valeur à l’information et c’est là tout le défi ! Il faut tout d’abord digérer ce déluge d’information que, souvent, on n’arrive pas à comprendre (je pense par exemple à maintes formalités bureaucratiques). “Expliquez nous comme à des petits enfants mais traitez nous en adultes” voilà le message que l’on pourrait adresser aux pourvoyeurs de l’information. Or voilà que l’on va plutôt dans le sens inverse. Mais ce qui est beaucoup plus dangereux est quand on voit que l’information, comme les journaux ou la télévision, est monopolisée ou contrôlée en grande partie par des personnes ou des groupes en particulier (voir la situation en Italie avec Silvio Berlusconi ou l’influence de la droite sur les principales chaînes de télévision ou le cinéma en France). Ici on parle d’une information manipulée. Ceci mène tout droit à la désinformation et finalement à plus de bêtise et ignorance. Pour attaquer les grands défis que je viens de citer travaillons sur l’information !

La guerre et ses démons

La guerre est la pire chose que puisse connaître un être humain, il n’y a pas d’expériences plus forte que ça; une expérience qui vous marque à jamais. Mais parfois on n’a pas le choix, la guerre peut être un mal nécessaire parce qu’il n’y a pas d’autres choix. Parfois une guerre, même si au début elle semblait immorale ou fausse, peut aussi avoir certains effets positifs; c’est l’histoire qui jugera après. J’ai toujours rejeté la guerre de Bush jr contre l’Irak. Mais à la fin: est-ce que Saddam Hussein n’était pas le plus grand criminel de ces 35 dernières années ? Un criminel capable de tout même d’utiliser des armes chimiques contre sa propre population ? Un psychopathe qui donnait à boire du sang de loup à ses soldats d’élite pour mieux les avilir. Il n’y avait pas d’autres moyens de s’en débarrasser, ce criminel était tellement bien collé à son trône que rien ni personne ne pouvait l’en déloger. Tôt ou tard la population se serait soulevée contre lui et il aurait été capable des pires massacres pour ne pas laisser le pouvoir – sans parler de la possible intervention d’autres pays comme l’Iran ! Un de ses bons émules est Assad jr en Syrie. Ce pays était voué à la guerre civile avec ou sans Saddam Hussein ! Bush n’a pas détruit l’Irak, l’Irak était déjà détruit avant que Bush n’y entre ! Détruit par des décennies de guerres, de sanctions internationales, de corruption et d’une des dictatures les plus féroces qui soient. Saddam avait tout fait pour provoquer une guerre civile après sa fuite et profiter ainsi du chaos et revenir au pouvoir après. Heureusement que les Américains l’ont trouvé avant. Peut-on remercier Bush d’avoir envahi l’Irak ? Peut-on remercier Margareth Thatcher d’avoir fait la guerre à la dictature argentine en 1982 pour libérer les îles Malouines/Falklands, guerre qui a précipité la chute de la dictature ? Peut-on remercier la Turquie d’avoir envahi le nord de Chypre en 1974, action qui a fait tomber la dictature des colonels en Grèce ? Voilà ce que je voulais dire quand je parlais d’effets positifs d’une guerre.

Mais attention chaque guerre a ses démons. Démons qu’il convient de combattre en leurs opposant des plans de reconstruction, de justice, de réconciliation mais aussi de considération pour les sacrifices donnés. Ces démons sont assoiffés de sang et de violence, si on ne les combat pas ils agiront ailleurs. Les exemples ne manquent pas. Les démons libérés par la première guerre mondiale nous ont conduit tout droit à la deuxième guerre mondiale. Les démons libérés par le génocide arménien (le mot génocide est librement employé par moi car il n’est pas encore entièrement reconnu) vont tourmenter le Moyen-Orient pendant longtemps et ce jusqu’à nos jours. Un autre exemple est beaucoup plus récent mais qui est totalement passé aux oubliettes en Europe, je parle du génocide au Rwanda en 1994.

Après ce génocide les démons se sont tournés vers l’ancien Zaïre (la République Démocratique du Congo actuel). Malgré tout ce que peuvent dire ou écrire les experts, s’il n’y aurait pas eu de génocide au Rwanda il n’y aurait pas eu de guerre civile dans l’ex-Zaïre, guerre civile qui allait provoquer des millions – il faut se l’imaginer: millions pas milliers – de morts dans l’indifférence la plus totale. Et ce n’est pas encore fini et ça ne finira pas de si tôt. Les démons du génocide au Rwanda sont tellement puissants qu’ils agissent jusqu’à chez nous. Pourquoi ce génocide est plus spécial que les autres ? Car il s’agit d’une escalade dans le mal qu’on n’a peut-être jamais vu dans toute l’histoire de l’humanité; il n’y a plus de mots pour décrire un tel avilissement. Rappelons-nous: le Rwanda faisait office de bon élève en Afrique, les Noirs n’y avaient pas cette mauvaise réputation qu’ils ont ailleurs. Ce qui s’est passé après est tout simplement inexplicable: dans l’espace de même pas deux mois pas moins de 800.000 de Tutsis ou Hutus soi-disants modérés se feront massacrés. 800.000 de tués et presque autant d’assassins, voilà ce qui rend ce génocide si spécial. Comment expliquer que le voisin que vous connaissez depuis plus de 30 ans se présente un jour, sans aucune explication, avec une machette et vous massacre toute la famille ? Le diable existe, voilà la réponse, et il agit par ses démons. Et il est en train d’agir chez nous. Ainsi la guerre civile en Syrie risque d’avoir des répercussions à long terme chez nous, plus cette guerre se prolonge plus les démons prennent de l’ampleur. Il ne faut pas oublier que beaucoup de jeunes des banlieues et cités européennes sont partis combattre en Syrie mais nous allons y revenir.

La fin du monde est déjà derrière nous

Une élection allait changer la face du monde pour toujours. Une élection qui n’aurait jamais dû avoir lieu, du moins pas de cette façon. Je parle de l’élection de George W. Bush en l’an 2000. Une élection qui s’est faite par l’incohérence du système électoral américain et par décision de justice car son opposant Al Gore avait réuni plus de voix au niveau national. Al Gore avait des bonnes idées, il aurait pu faire tellement de bonnes choses mais on ne peut plus juger maintenant sur les qualités qu’auraient eu ou non Al Gore. En tout cas ce qui allait suivre allait dépasser toutes les craintes qu’on aurait pu avoir. Le monde est tombé le jour de l’élection de Bush et la chute n’est pas encore terminée. Et comme si ce n’était pas assez la réélection de Bush en 2004 est tout aussi controversée. En effet quatre jours avant le scrutin on voit tout d’un coup apparaître Oussama Ben Laden, qu’on n’avait plus vu depuis longtemps, à la télévision et prendre position sur la politique de Bush. Cette apparition allait bien sûr donner un sérieux coup de pouce à l’élection de Bush qui était au coude à coude dans les sondages. Coup monté ? Plus que probablement si l’on sait l’influence du lobby républicain et des services secrets affiliés sur les principales agences de presse. Et puis qui ne se rappelle pas le premier mandat de Bush: à chaque fois qu’il était un peu bas dans les sondages on inventait comme par enchantement des menaces terroristes imminentes, des attentats déjoués à la dernière minute ou on annonçait l’arrestation de quelques suspects. Par contre, pour donner un faux sentiment de sécurité aux Américains, on falsifiait les statistiques sur les taux de criminalité vers le bas. Mais qui est là pour le prouver ? Pour dénoncer ces pouvoirs occultes et leurs pratiques ? Un pouvoir occulte, qui comme nous allons le voir, agit encore maintenant.

La guerre en Irak est finalement peut-être la seule bonne chose qu’ait faite Bush. Sans lui il y aurait maintenant des massacres effroyables en Irak mais peut-être aussi la paix au Proche-Orient. Sans lui il y aurait plus de libertés car avec toutes ses lois anti-terroristes il a failli nous conduire au bord d’un un état policier. Sans lui le fossé entre riches et pauvres serait moins grand. Et plus grave encore il a provoqué la plus grave crise économique depuis la seconde guerre mondiale et a rendu présentable l’extrême-droite. Une extrême-droite dédiabolisée qui a même accepté l’élection du premier président noir aux États-Unis. Sans lui l’environnement se porterait beaucoup mieux.

Il entrera dans l’histoire comme l’un des pires – sinon le pire – présidents américains. Mais les gens oublient vite les détails. Qui se rappelle encore que sous Bush il y a eu les plus grands scandales financiers de l’histoire à commencer par Bernard Madoff mais aussi les affaires Enron, WorldCom, Tyco, Adelphia, etc sans parler des innombrables malversations de Goldman Sachs, Lehman Brothers et de tout Wall Street en général et de l’explosion de la bulle immobilière. La faillite de Lehman Brothers en 2006 allait provoquer une des plus graves crises économiques de l’histoire. Faillite qui aurait pu être évitée si l’Etat n’aurait pas tourné le dos (alors qu’il avait sauvé tant d’autres banques telles que Fannie Mae, Freddie Mac, Bear Stearns mais faut-il rappeler que le ministre des finances d’alors Henry Poulsen était un ancien cadre de Goldman Sachs et donc concurrent de Lehman Brothers; sous Bush les collusions entre politique et économie étaient tellement grandes que l’on peut raisonnablement prétendre que pouvoir économique et politique ne faisaient plus qu’un). La liste de ses méfaits est tellement longue que l’on comprendra qu’il faudra du temps pour réparer tout cela et qu’il est trop facile de simplement tourner la page avec la fin de son mandat (voir à ce propos le livre très intéressant de Michael Moore Mike contre-attaque ! Ou Stupid White Men…en anglais). Ce qu’on peut reprocher le plus à George Bush c’est moins le fait d’avoir fait tuer des milliers de gens en Afghanistan et Irak mais d’avoir créé un cadre dans lequel des centaines de millions d’injustices et de souffrances se sont développées et des millions de vies ont été brisées. Un cadre où le mensonge est roi.

Bien-sûr ce n’est pas lui le problème mais ceux qui sont derrière lui et l’élection de Barack Obama n’a rien changé à la donne car ceux qui tiennent les rênes du pouvoir sont toujours les mêmes. Je parle du congrès américain, des mass media, du lobby militaro-industriel, du lobby pétrolier et des plus influents think tanks qui sont toujours aux mains des mêmes personnes. Et puis est-ce que Obama est-il vraiment si bon ou n’est-ce qu’un clown dont la seule fonction consiste à donner une meilleure image des États-Unis après celle désastreuse laissée par son prédécesseur ? Qu’a-t-il fait à part laisser de jolis discours ? A-t-il un réel pouvoir ? Et le monde est tombé dans le piège en lui attribuant le prix Nobel de la Paix en 2009, quelques mois seulement après son élection ! Si ce n’était pas aussi grave on pourrait même en rire. Le monde a cru que ce serait un bon président parce qu’il était Noir alors qu’il aurait dû savoir que les Noirs sont aussi capables du pire comme la démontré l’ancienne secrétaire d’état Condoleezza Rice. Pourquoi un Noir serait-il mieux qu’un autre ? A cause de son histoire douloureuse ? Le problème est que les gens oublient vite, même ou surtout des gens aussi instruits. “Une fois qu’ils ont l’eau les hommes ne savent plus ce que veut dire avoir soif” dit un proverbe amérindien. Une chose est sûre: Obama est une des plus grandes déceptions de l’histoire et il fait déjà partie des pires présidents de l’histoire américaine. Finalement la combinaison républicains / démocrates est en train de nous amener à la perte.

La différence entre ces deux partis n’est que cosmétique. Tous deux ne fonctionnent que par l’influence des divers lobbies. Ce que ailleurs on appelle corruption est tout à fait légal aux États-Unis. Et Obama, sans même le vouloir, est déjà en train de préparer le chemin aux républicains pour les prochaines élections. Des républicains dont l’influence de l’extrême-droite (certains l’ont appelé néo-conservatisme ou Tea Party) et des intégristes protestants (on pense au mouvement des “born again”) n’a jamais été aussi forte. De l’autre côté on peut noter l’influence des athéistes et des agnostiques chez les démocrates. Il est significatif que pour son discours d’investiture en 2009 Obama ait utilisé pour la première fois des mots tels que “une nation de …non-croyants“. D’un autre côté on constate que le parti démocrate est le parti des minorités alors que le parti républicain le parti des wasps (white anglo-saxon protestants). A part ça les différences sont minimes. Selon Michael Moore le dernier président démocrate des Etats-Unis serait…Richard Nixon. Mais ce qu’on peut reprocher le plus aux démocrates est de trop céder devant l’extrême-droite et les divers pouvoirs occultes et de ne pas aller jusqu’au bout de certains projets. Ils pêchent surtout par omission. Belles paroles, belle présentation mais œuvres incomplètes et insuffisantes; un bel exemple en est la réforme de l’assurance-maladie de Obama. Du point de vue économique ils sont tout aussi libéraux que les républicains. L’Aléna (Accord de libre-échange nord-américain ou NAFTA en anglais), symbole du libéralisme sauvage mais en faveur de l’économie américaine, est bien une œuvre des démocrates. A l’heure actuelle on peut vraiment parler d’un diable à deux têtes en parlant du système des partis aux États-Unis (on a vu ça déjà en Europe durant la seconde guerre mondiale où on avait affaire à un diable ayant les têtes d’Hitler et Staline, le diable aurait-il donc vraiment deux têtes ?!).

Au fait, depuis l’élection de Bush, les divers pouvoirs occultes n’ont jamais été aussi forts. Les États-Unis et leurs alliés sont gouvernés par un gouvernement parallèle. Les têtes au sein des gouvernements changent mais les principales décisions sont prises par ce gouvernement occulte. Qui est dans ce pouvoir occulte ? Le sinistre “Bilderberg Group” pourrait fournir un élément de réponse. Les deux principaux courants politiques sont représentés dans ce gouvernement parallèle et les principaux intérêts économiques et financiers et même des minorités ethniques telles que Juifs, Noirs, Asiatiques. Et j’émets l’hypothèse que ce gouvernement occulte est lui-même manipulé par une force suprême, maléfique, incohérente, imprévisible. Serait-ce le prince des ténèbres… ?

Vite une troisième voie

Depuis la révolution française on a essayé pas mal d’idéologies. Dans un pays comme l’Allemagne, pour prendre un exemple, on distingue entre autres chrétiens-démocrates, libéraux, socialistes, écologistes, parti de gauche. En Espagne, Royaume-Uni et la France on distingue deux grands partis qui animent les débats. Un parti plutôt conservateur et un parti plutôt libéral et légèrement à gauche. Les principales différences regardent les relations de ces partis à Dieu. Les uns se disent plutôt croyants, en faveur de l’ordre et de certaines valeurs (Dieu, patrie, famille), les autres préfèrent mettre Dieu de côté, sont pour le libre choix (comme l’avortement) et parlent tout le temps de droits (droit des travailleurs, des minorités, des femmes, etc.). Selon la situation économique du moment les uns sont plutôt libéraux donc pour laisser faire les forces du marché, les autres sont pour une certaine intervention de l’Etat dans les marchés mais ceci est tout à fait relatif.

A première vue les libéraux (travaillistes ou socialistes) semblent être plus proches du peuple, des petites gens. Mais en réalité ils promettent beaucoup mais une fois au pouvoir ils ne sont pas convaincants, chancelants tantôt d’un côté tantôt de l’autre; ce sont des partis d’opposition par définition. Et puis en refusant Dieu ils tombent vite dans l’ultra-libéralisme (nous allons y revenir). Il est clair que ce système de 2 partis est néfaste pour la démocratie. Et si en plus ces deux partis n’ont que peu de différences entre eux comme aux États-Unis nous avons vu que ce système est très manipulable et peut non seulement menacer la stabilité intérieure mais être une menace aussi pour le monde entier.

En tout cas une chose est sûre : depuis la fin du communisme les partis de gauche en Europe n’ont plus su imposer leur politique. Il y a eu une « nouvelle » gauche comme le « New Labour » au Royaume-Uni mais ce n’est plus vraiment la gauche comme on la connaissait avant. Celle des acquis sociaux. La gauche des gens simples. La gauche a aussi trahi ses idéaux, en France on a la « gauche-caviar » et en Allemagne les « Toskana-Sozialisten » (les dirigeants socialistes allemands aiment faire leurs vacances en Toscane). On ne peut plus parler de gauche mais plutôt d’un libéralisme comme dans les pays anglo-saxons. Et ces libéraux nous ont amené quelque chose dans les débats politiques : le politiquement correct. On parle de tout et de rien à la fois, on évite de se fixer ou de se placer. On évite surtout la confrontation et on minimise les risques.

Les partis ont toujours tendance à trahir leurs propres idéaux et les partis au pouvoir en Europe semblent à l’heure actuelle dépassés par les problèmes des gens “de la rue”, je pense surtout au chômage, la criminalité, la pauvreté. On pourrait encore ajouter perte des valeurs, précarité, maladie, pollution, conflits à l’étranger etc. Il est vrai aussi que les gens sont nettement mieux informés et ressentent ces problèmes peut-être encore plus gravement mais une chose est claire: il faut une troisième voie. Faut-il inventer une nouvelle idéologie ? Une gauche qui ne refuse pas Dieu? Ou une droite qui Le remet à sa juste place ? Peut-être que la solution se trouve ailleurs. Un bon exemple est la Suisse où c’est le peuple qui gouverne par le biais des référendums. “Vox Populi Vox Dei” ! Un autre bon exemple est l’Allemagne. Elle a une longue expérience (mais pas toujours positive) avec les concepts de “Ausserparlementarische Opposition” donc une opposition en dehors du parlement, et “Verfassungsschutz“, la protection de la constitution par tout un arsenal juridique – y compris la surveillance policière. Je ne suis pas un fan de l’Allemagne mais il faut admettre qu’elle a réussi tout un travail de repentir sur son passé nazi et, plus récemment, sur son passé terroriste avec les R.A.F. Elle a quelque chose à nous apprendre même si son gouvernement actuel avec Angela Merkel est des plus détestables. Et puis elle a créé des alternatives très intéressantes comme les écologistes et la nouvelle gauche et elle réussit bien en beaucoup de domaines. Ce qui ne fonctionne pas tellement bien en Allemagne est le fait d’avoir une presse multiple et variée (la presse est dominée par quelques grands groupes comme Springer, la presse alternative est largement minoritaire). Or c’est le meilleur garant d’une démocratie saine, auto-critique et auto-nettoyante. Une justice indépendante et apolitique en est un autre. Donc la solution que moi je propose est résumée en quelques mots: peuple – constitution – information – justice.

L’usure de la démocratie

Peut-on avoir trop de démocratie ou trop de liberté ? Le problème sont surtout ceux qui n’en ont pas assez. Bush a envahi l’Irak pour lui, disait-il, apporter la démocratie alors que les États-Unis ne sont même pas un exemple de démocratie parfaite. Ni nos pays d’ailleurs ! Car si on parle de démocratie les seuls pays qui méritent ce qualificatif sont les pays scandinaves, la Nouvelle-Zélande et, dans une moindre mesure, la Suisse, le Canada et l’Australie. Tous les autres pays ont encore du chemin à faire !

Revenons maintenant à la question si on peut avoir trop de démocratie ou trop de liberté. Certaines lois ultra-libérales me font peur car tout d’abord elle divisent la population et puis elles libèrent des forces qui peuvent vite devenir incontrôlables. Sommes-nous prêts au mariage pour tous ? Plus de 30% de la population le refuse catégoriquement. Sommes-nous prêts à libéraliser davantage les lois sur l’avortement ? Doit-on libéraliser davantage le divorce ? L’Eglise est contre et non sans raisons et l’Eglise représente en moyenne au moins 30% de la population en Europe. Mais ce qui me fait le plus peur sont ces lois sur l’euthanasie qui ont été votées dans certains pays (Pays-Bas, Belgique, Suisse et Luxembourg) car là on joue avec le plus grand des tabous: la mort. Je suis contre l’acharnement thérapeutique mais je comprends aussi l’Eglise catholique qui est pour la vie quoi qu’il en coûte. Dans certains cas très extrêmes je suis tout de même en faveur d’une mort assistée. Mais certains cas sont plus extrêmes que d’autres, où tirer une ligne ? Voilà trois domaines, la vie, la mort, le mariage, où l’on doit être très prudent et ne pas aller toucher des tabous que l’on peut regretter après. Nous ne savons pas encore tout et la science nous doit encore tellement de réponses. Pourquoi devient-on homosexuel ? Quand commence la vie ? Quand commence la mort ? Pourquoi des personnes résistent mieux à la douleur que d’autres ? Donnons encore du temps à la science. Mais voilà que le législateur a voulu précipiter les choses et ne pas tenir compte d’une large frange de la population.

Peut-on tout accepter en démocratie ? Les Pays-Bas sont le premier pays à avoir voté l’euthanasie en 2001 sans écouter l’avis des Eglises. Mais voilà que ce pays se met à écouter le parti le le plus raciste d’Europe (celui d’un certain Geert Wilders). La conscience devrait nous dicter qu’on ne doit pas écouter de tels personnages. On n’est pas une démocratie crédible si l’on ne tient pas compte de tous les points de vue et si, d’un autre côté, on se met à écouter des populistes. D’autres exemples de populistes sont l’ex-Vlaamse Blok en Belgique qui voulait une Flandre indépendante pour des raisons confuses et l’ex-Lega Lombarda en Italie (ces deux partis ont changé de nom entremps) qui voulait la sécession du nord de l’Italie parce que, selon eux, les autres ne travaillaient pas. Des partis, faut-il le rappeler, qui rassemblaient un pourcentage non négligeable dans les élections. Pourquoi préfère-t-on écouter la bêtise et non des autorités morales comme les Eglises ?

Peut-on tout accepter au nom de la liberté ? Ce qu’il ne faut pas accepter est l’ultra-libéralisme et pas seulement en économie. Un bon exemple est la législation sur les armes aux États-Unis. Voilà quelque chose qu’on n’arrivera jamais à comprendre chez nos amis américains. Un autre exemple est la législation sur les drogues (dites douces) et la prostitution aux Pays-Bas. Autre exemple : la législation sur la pornographie au Danemark et en Suède. Le plus grand danger n’est pas quand de telles lois libérales sont votées dans des démocraties mais bien dans des dictatures: ainsi en Chine il arrive qu’on fasse avorter des femmes enceintes au 7e mois (le maximum en Europe est le 3e mois) au nom de la politique du contrôle des naissances ! Mais il n’est pas nécessaire de voir des cas aussi extrêmes, déjà le bon sens (ou la raison) devrait nous dire qu’il ne faut pas trop libéraliser le divorce, l’avortement ou l’euthanasie.

Bien évidemment je ne me pose pas en défenseur de l’Eglise ou de la religion. Mais il y a tout simplement une morale qui n’est pas religieuse et qui fait aussi partie du bon sens. Le grand défi est de travailler sur cette morale pour qu’elle devienne une vraie politique. En tout cas il faut absolument limiter le pouvoir de la religion et actuellement nous n’avons pas (encore) une alternative qui soit digne de ce nom ! Nous avons vu de quoi peuvent être capables des politiciens illuminés qui se disent croyants et qui disent agir au nom d’un dieu qui leur est personnel.

Je me suis arrêté longuement sur les dangers du conservatisme et de l’ultra-libéralisme économique avec à sa tête George W. Bush et des pouvoirs occultes. Mais il s’agit là d’un danger bien défini et reconnaissable car il agit contre le peuple. Les dangers de l’ultra-libéralisme politique sont beaucoup plus subtils et peu reconnaissables car souvent il s’agit d’idéaux qu’on a détourné de leur sens d’origine. L’enfer est pavé de bonnes intentions ! L’ultra-libéralisme politique peut se révéler un boomerang qui nous portera vers moins de démocratie et de liberté à la fin.

Que va-t-il se passer si on libéralise trop l’avortement, le divorce, la prostitution et la pornographie ? Ce sera tout simplement la fin de la famille.

Voilà comment on peut arriver à la conclusion qu’il y a trop de démocratie ou trop de liberté. La solution que moi je propose donc pour tirer une ligne peut se résumer en ces mots: prudence – science – conscience – bon sens (raison) – laïcité.

L’alternative à la religion

Nous avons vu que la solution aux grands problèmes de ce monde ne peut être que laïque. Face aux religions qui ne se mettent pas d’accord entre elles il faut aussi une action forte laïque. Au Luxembourg la question sur l’heure de religion dans les écoles est posée, certains aimeraient la supprimer et la remplacer par une heure de morale laïque. Mais qu’est-ce qu’est cette morale laïque?

Quelque chose qui ne me plaît du tout aux Etats-Unis est ce pouvoir que détient la religion, surtout les diverses confessions protestantes bien-sûr. Il y a un extrémisme protestant aux Etats-Unis qui va jusqu’à dire que la pauvreté est un péché et la richesse matérielle une grâce divine. Qui va jusqu’à définir le travail et la cupidité comme des vertus chrétiennes. Le pouvoir économique des Etats-Unis est fondé en partie là-dessus. Certains politiciens vont jusqu’à parler d’une mission divine qu’aurait à accomplir les Etats-Unis. Et ils n’hésitent pas devant les guerres au nom de cette mission.

Quelque chose qui me plaît beaucoup aux Etats-Unis est le pouvoir de la pensée positive. Finalement il y a moyen à surmonter son destin en changeant sa pensée. En adoptant une bonne pensée positive on peut réaliser ses rêves. Et les Etats-Unis sont un exemple de réussite pour beaucoup de personnes en économie, dans les sports, les sciences et dans la culture. Beaucoup de progrès a été accompli au nom de la psychologie et des thérapies comportementales. La psychologie est très importante en ces jours, elle peut aider dans plusieurs situations de la vie et dans les relations entre personnes. Le pouvoir de la psychologie n’est pas encore entièrement reconnu en Europe. Mais c’est peut-être là la réponse à notre question sur la morale laïque.

Je me suis longuement arrêté devant les diverses idéologies comme le communisme. Il y a eu plusieurs révolutions dans le monde : France, Russie, Iran mais qui ont toutes fini par se trahir elles-mêmes. Il y a eu aussi des révolutions telles que la révolution sexuelle mais qui est restée limitée dans l’espace. Dans l’Eglise catholique il y a eu une mini-révolution en Amérique Latine avec la théologie de la libération mais elle-aussi est restée limitée dans le temps.

Ce qui me dérange dans le communisme est que ses fondateurs tels que Karl Marx, Friedrich Engels, Lénine étaient tous des académiciens. Selon moi des personnes qui étaient tellement enfermées dans leurs intellects qu’elles avaient perdu le contact ou le feeling avec le peuple. C’est ce qui me dérange aussi avec la théologie de la libération : c’est merveilleux mais finalement trop élitaire. Trop théorique ou technique. Les intellectuels se laissent souvent influencer par des pensées d’extrême-droite ou d’extrême-gauche ou même les deux.

Et moi je propose une révolution du cœur au lieu d’une révolution intellectuelle !

Une pétition

Nous voulons créer une nouvelle nationalité: une nationalité européenne.

Nous voulons un dialogue honnête et sincère avec le monde arabo-musulman.

Nous voulons un commerce équitable avec les pays les plus pauvres mais riches en matières premières.

Nous voulons une agriculture écologique et biologique dans tous les pays.

Nous voulons la suppression de tous les services secrets des pays européens et de tous les pouvoirs occultes en général.

Nous voulons l’Internet gratuit pour tous !

Nous voulons un service public européen pour la télévision.

Nous voulons une presse indépendante et alternative dans tous les pays.

Nous voulons une véritable politique sociale européenne à l’image des pays scandinaves qui serviront de modèle.

Nous sommes pour la libre économie de marché.

Nous sommes pour une nouvelle politique de gauche morale.

??

pour le reste j’attends des propositions !

Le bilan en 2014

Le plus grand changement depuis 1989 fut donc la chute ou l’implosion du communisme en Europe. Malheureusement la disparition du communisme a fortifié ou laissé la place à d’autres forces négatives comme l’intégrisme religieux dans les pays arabes et l’extrême-droite en Europe et aux USA. L’économie s’est considérablement développé au point de devenir par moments une grande bulle prête à exploser. On peut raisonnablement prétendre que le racisme a régressé en Europe et aux États-Unis, il n’empêche qu’on a dû constater l’apparition d’une certaine islamophobie toute aussi néfaste. Il est vrai aussi que cette islamophobie a été nourri par moments par divers attentats terroristes à caractère islamiste. Le monde musulman allait devenir la région la plus instable et conflictuelle du monde, on pourrait presque dire une poudrière.

La pauvreté a globalement reculé dans l’Alaba mais a augmenté dans les Prias. Ce monde anglo-saxon qui est devenu la seule super-puissance dans le monde. Jamais dans toute l’histoire de l’humanité il y a eu une puissance aussi forte. C’est bien plus qu’une puissance, c’est une coalition de plusieurs États très solidaires entre eux: États-Unis, Royaume-Uni, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande pour ne citer que les plus grands. Il n’y a à l’heure actuelle personne qui pourrait s’opposer à eux parce qu’en plus le monde plus développé (en particulier l’Europe, le Japon et la Corée du Sud) est un allié très fidèle du monde anglo-saxon. L’Europe allait devenir une véritable unité économique et politique, beaucoup de chemin a été fait, un véritable exemple de coexistence dans la paix et la liberté avec, comme toile de fonds, une devise commune à plusieurs Etats – une première dans l’histoire. Or voilà que tout ce que l’Europe représente de positif est en train d’être remis en question par les négociations de libre-échange qui se déroulent actuellement en grand secret avec les Etats-Unis et le Canada. Finalement la meilleure chose qu’ait produite l’humanité depuis la deuxième guerre mondiale est bien l’institution des Nations-Unis. Mais l’Europe doit servir d’exemple à beaucoup de régions dans le monde.

La démocratie s’est imposé un peu partout même dans les pays arabes. On peut raisonnablement prétendre qu’il y a plus de liberté ou de droits maintenant qu’avant. Ils restent néanmoins beaucoup de zones d’ombre: Cuba, Syrie, Somalie, Érythrée, Iran, Russie, Corée du Nord, Chine et les pays du Golfe mais qui eux sont tellement riches que les populations ne se sentent même pas opprimées. Dans les Prias les femmes et les minorités ont nettement plus de droits qu’avant. Le droit en général allait littéralement exploser. On légifère presque sur tout, s’il n’y a pas de loi écrite sur une chose on va au tribunal pour avoir un jugement. Les tribunaux vont devenir un véritable temple du pouvoir, ils iront jusqu’à remplacer le pouvoir qu’avaient les Églises avant. C’est un pouvoir sans visage véritable car il joue de concert avec la politique ou les mass media. Un pouvoir sous influence donc.

Il y a eu aussi des occasions ratées comme au Proche-Orient (conflit israélo-arabe). Au lieu d’avoir la paix on a eu la guerre et pourtant cela avait bien commencé, tous les espoirs étaient permis. Et un des grands responsables de ce gâchis est George W. Bush. Avec lui on peut dire qu’un processus a été enclenché qu’il sera très difficile d’inverser. Des pouvoirs occultes sont à l’œuvre et Obama est en train de compléter cette œuvre. Pensons aux conflits en Syrie, Ukraine et en Irak. Une œuvre maléfique dont les démons ont été réveillés bien avant, e.a. avec le génocide au Rwanda en 1994 qui, par son intensité et sa courte durée, a été un des événements les plus marquants de toute l’histoire de l’humanité. Les démons de ce génocide se sont tournés vers l’ex-Zaïre (ou République Démocratique du Congo) où ils vont provoquer des millions de morts. Des morts dans l’indifférence la plus totale ici en Europe. Un Congo où les grandes puissances poursuivent des bas intérêts économiques et vont jusqu’à alimenter les divers conflits. Le Congo est devenu le plus triste exemple d’une politique néo-coloniale économique et il est fort à craindre qu’il sera aussi le plus grand perdant si les discussions de libre-échange entre les deux côtés de l’Atlantique progressent.

On aurait pu clore cette revue en 2009 mais voilà qu’à la fin de l’année 2010 il y eut une révolution inattendue: les populations de plusieurs pays arabes se sont soulevées contre leurs dictateurs respectifs et ont fini par les chasser du pouvoir. Un grain de liberté et de démocratie a été semé qu’il sera difficile de détruire. Or voilà qu’avec la guerre civile en Syrie tout a été remis en question, tous les espoirs risquent d’être brisés. Une guerre civile qui risque bien d’entraîner le monde arabe dans sa chute. L’Europe et les États-Unis sont assez inactifs, que peuvent faire les populations alors ? Prier ? Plus en Europe car depuis 1989 il y a eu une sécularisation immense comme jamais dans toute l’histoire. L’Europe est en train de changer de virage et de visage. Avec la disparition du rôle de l’agriculture et le démontage social croissant il y a des raisons de s’inquiéter. Deux menaces en vue: l’extrême-droite ou le populisme et l’ultra-libéralisme économique et politique. Ce dernier nous a amené à quelque chose d’inédit, une révolution qu’on risque fort de regretter pendant longtemps: le vote de la loi sur l’euthanasie. L’Etat a donné le permis de tuer et de se suicider dans quatre pays du monde (Pays-Bas, Belgique, Suisse, Luxembourg) avec le risque de contagion à d’autres pays beaucoup moins respectueux des droits de l’Homme.

Parmi les guerres qu’on est en train de perdre il y a la bataille pour la préservation de l’environnement et contre le terrorisme mais aussi l’explosion démographique dans l’Alaba. (Le terme explosion démographique est à utiliser avec beaucoup de précaution car il y a encore de la place sur terre si on voit des pays comme l’Australie, la Russie, la Mongolie ou l’Argentine. Le problème est que cette place est mal répartie). Et puis il y a toujours le risque d’une nouvelle guerre mondiale. On peut se poser la question si cette guerre n’est pas déjà en cours dans les pays musulmans et chez nous dans nos familles et dans le monde du travail. Et puis il y a cette lutte permanente pour sauvegarder nos droits de l’homme, notre état de droit, notre démocratie, nos acquis sociaux, notre liberté de la presse et actuellement nous avons des pouvoirs occultes en face qui s’attaquent justement à ces acquis. On ne peut pas faire grand chose, juste prier (et écrire) car nous avons vu que les révolutions n’apportent rien de bon à la fin. Il faut donc une politique qui soit plus durable pour s’attaquer à tous ces défis. On peut regretter que des organisations telles que le Club de Rome n’acceptent que des universitaires dans leurs rangs. Or pour résoudre les problèmes de ce monde il faut parfois moins d’intellect et plus de cœur ! Et il faut un langage qui soit plus simple et surtout plus direct. Voilà que les libéraux américains nous ont laissé quelque chose, le politiquement correct, qui est en train de détruire les débats et qui bloque tout progrès. L’année 2014 s’achève sur cette constatation : un Barack Obama qui décoit sur toute la ligne, ne veut pas prendre de risques, évite la confrontation avec les conservateurs et finalement complète l’oeuvre de son prédécesseur et prépare déjà la voie aux républicains pour les prochaines élections. Des conservateurs qui avaient laissé une grave crise économique derrière eux la dernière fois et un énorme gâchis au Proche-Orient.

Les pays arabes ont montré en 2010 que si les populations descendent dans la rue et réclament tous ensemble et pendant un long laps de temps elles peuvent faire bouger des montagnes.

Plusieurs signaux d’alarme donc qui doivent nous pousser à l’action et heureusement que les opportunités ne manquent pas ! Avec les énormes moyens d’information à notre disposition on a un outil puissant pour faire changer les choses !

L’Islam en crise

Le terrorisme islamique

Parmi les nouveaux ennemis je n’ai pas mentionné le terrorisme, surtout de la mouvance islamique. C’est que beaucoup chez nous font l’amalgame entre islamisme et terrorisme. Il y a un problème d’islamophobie en Europe qu’il convient de combattre. Mais est-ce que l’Islam est vraiment une menace pour l’Occident ? Pas plus que les autres religions. Le problème est ailleurs.

Il faut savoir que la quasi-totalité des Musulmans se trouve dans ce qu’on a coutume d’appeler le Tiers-Monde donc la partie plus pauvre de la planète. L’Islam est une religion des pauvres. Quelque pays à population majoritairement musulmane s’en sortent pas si mal: la Turquie, la Malaisie, l’Indonésie et les pays du Golfe.

Deuxièmement la plupart des pays musulmans ne sont pas démocratiques ou ne le sont que faiblement. Il n’y a pas ou pas assez de liberté dans ces pays. A cela s’ajoutent de nombreux problèmes politiques comme des conflits inter-ethniques (problème des Kurdes, Kabyles, Palestiniens) qui souvent débouchent sur des guerres civiles (voir Liban, Syrie, Irak, Afghanistan, Algérie, Somalie) ou guerres tout court (Palestine, Tchétchénie).

Troisièmement la plupart de ces pays sont des anciennes colonies et le sont encore restés d’une certaine façon jusqu’à nos jours avec toutes les injustices que l’on peut imaginer.

Inutile de dire que la frustration parmi les populations est énorme. Les jeunes Musulmans rêvent de vivre comme nous, ils veulent certaines commodités matérielles, un travail régulier et la liberté. Beaucoup veulent émigrer dans nos pays. Ils ne nous détestent pas mais ils ont des sentiments partagés. En effet ils rendent l’Occident un peu responsable des problèmes de leurs pays. Et en plus c’est vrai !

Le problème est que souvent ces pays sont corrompus et leurs dirigeants savent bien canaliser cette frustration en rendant l’Occident seul responsable de tous les problèmes. L’Occident est le grand ennemi puisqu’il faut bien détourner l’attention. Qui ne se rappelle pas du fameux discours du président-dictateur algérien Houari Boumediene le 10 avril 1974 à la session spéciale de l’Assemblée générale de l´ONU: “ Un jour, des millions d’hommes quitteront l’hémisphère Sud pour aller dans l’hémisphère Nord. Et ils n’iront pas là-bas en tant qu’amis. Parce qu’ils iront là-bas pour le conquérir. Et ils le conquerront avec leurs fils. Le ventre de nos femmes nous donnera la victoire. ”

Justement qu’en est-il de ces millions de migrants musulmans dans le nord ? Des jeunes dans les banlieues surtout ? La situation n’est pas rose non plus. Drôle de conquérants que ces jeunes en manque d’identité, de repères et souvent sans travail. Désœuvrés, incompris, incapables de s’intégrer, ils se trouvent pour la plupart au ban de la société. Beaucoup sombrent dans la criminalité ou cherchent refuge dans la religion.

Finalement – last but not least – il y a ce problème avec la religion. Pourquoi doit-on parler d’un terrorisme à caractère islamiste ? Parce que ici aussi la religion est utilisée comme soupape pour lâcher la pression mais également pour détourner l’attention. Depuis la révolution islamique en Iran un mouvement religieux intégriste s’est imposé un peu partout dans le monde musulman. Pourquoi ? Problème d’identité, de repères et d’affirmation dans un monde matérialiste, consumériste et libéral. Problème d’alternatives politiques valables aussi. La réalité bien-sûr est beaucoup plus complexe (déjà De Gaulle parlait de l’”Orient compliqué”). Il n’y a pas un moyen de manipulation et de mobilisation plus fort que la religion. En plus il faut savoir que dans le monde arabo-musulman la religion joue un très fort facteur d’identité, on se définit surtout par la religion et moins par la nationalité. La religion comme repère culturel et social. Comme repère spirituel nos sociétés occidentales sont beaucoup plus libérales. Le pourcentage de ceux qui se disent croyants est très élevé dans le monde arabo-musulman (alors qu’en France il avoisine seulement les 40%) et tout ce qui est sexuel est refoulé (voir l’obligation de se couvrir les jambes et les épaules en public dans certains pays arabes). La pratique religieuse est aussi très élevée (en comparaison: 5% environ en France). Pas étonnant que l’Occident est souvent présenté comme décadent et malfaisant dans ces pays ! A cela s’ajoute que souvent dans ces pays la religion est un des très rares espaces où l’on peut s’exprimer assez librement sur des problèmes politiques et la corruption généralisé. C’est ainsi que en Iran, durant le règne du shah, le seul endroit où l’on pouvait exprimer sa contestation contre le régime étaient les mosquées !

Or voilà que les mosquées (ou autres lieux de prière) se sont transformés en véritables centres politiques, la religion est devenue une idéologie (par opposition le communisme en tant qu’idéologie était une religion). A cela s’ajoute que tout un réseau de gens prêts à la violence la plus extrême s’est infiltré dans les lieux de culte. Des gens prêts à mourir et à entraîner d’autres dans la mort. Des gens qui tuent sans distinction (civil ou militaire) pourvu que le nombre soit le plus élevé possible. C’est un réseau qui agit au niveau international (e.a. dans la diaspora musulmane en Occident) et ceci grâce aussi aux nouveaux moyens de communication. Et qui surtout donne une fausse image de l’Islam, religion pacifique par excellence et surtout religion de la vie ! Alors que la religion devrait servir à donner un sens positif à la vie ici elle donne un sens négatif à la haine, la colère, le désespoir. C’est un appel à la violence. Pas seulement contre l’Occident mais aussi contre les régimes en place (p.ex. l’Algérie, Syrie). Et puis il n’y a rien de mieux pour alimenter l’intégrisme et la haine des Musulmans contre l’Occident que des conflits où l’Occident est impliqué, voir territoires palestiniens, Afghanistan ou Irak. Ainsi l’élection de Bush en 2000 a considérablement détérioré l’image de l’Occident dans le monde musulman et a entraîné une forte progression du terrorisme un peu partout (même en Indonésie, pays musulman mais non arabe).

Qui sont ces extrémistes ? Tout simplement des gens qui veulent imposer la religion avec la force. Le problème est qu’ils interprètent la religion à leur manière et cette interprétation est vite devenue toute une idéologie. Un mouvement politique qui a même été mis en théorie par des milieux académiques alors que souvent ceux qu’on appelle terroristes sont des gens incultes qui ne connaissent même pas bien l’Islam et ses préceptes. Des mauvais Musulmans qui parlent au nom de l’Islam ! Ces terroristes reçoivent leurs armes et leurs financements des services secrets de certains pays. On parlait souvent de la Libye, de la Syrie, de l’Iran mais il y a aussi des pays qu’on ne soupçonne même pas et qui font officiellement partie des alliés de l’Occident comme le Pakistan. Il faut savoir que le monde musulman n’a pas eu son siècle des lumières et que la raison ou le bon sens reçoivent toute une autre interprétation dans ces pays qu’en Occident. Ce qui est illogique pour nous peut paraître acceptable dans des pays comme le Pakistan.

Dans le monde arabo-musulman on peut ajouter encore un climat de violence généralisé avec une torture très répandue et des forces de l’ordre (police, armée et surtout services secrets) totalement imprévisibles. C’est un monde également très patriarcal, les familles ne sont pas un lieu d’épanouissement mais plutôt d’enfermement (violence contre femmes et enfants, femmes complètement soumises, problème des mariages forcés, etc).

Et voilà comment on a créé le juste terreau qui fait que des tendances terroristes poussent un peu partout. Le désespoir chez les Musulmans est tellement grand que l’on ne voit plus de solutions parce que justement tout l’environnement autour est pourri. Que peut-on faire contre cette haine de tous et tout, contre l’Occident surtout? Comment faire revenir l’espérance ? Où doit-on commencer pour avoir au moins un début d’amélioration ? En 2012 un jeune Musulman des banlieues en France a tué de sang-froid 3 enfants dans une école seulement parce qu’ils étaient juifs avant de se faire tuer par la police plus tard. Dans les banlieues il est déjà considéré comme un martyr… et il est à craindre que de telles choses vont se reproduire encore et encore…

Mars 2013 : la menace islamique

Si on peut dire qu’on a de la chance de vivre au Luxembourg pour toutes les raisons que j’ai déjà énumérées, ce bonheur n’est pas complet si l’on sait qu’il y a des régions dans le monde où les gens souffrent horriblement et vivent dans le désespoir total. Malheureusement les exemples ne manquent pas. Une région qui me tient particulièrement à cœur est l’Afrique du Nord. Peu de gens en Europe savent comment les gens y vivent.

Voilà qu’en Tunisie et en Égypte des partis dits islamiques sont arrivés au pouvoir. En Occident ils ne sont pas rares ceux qui se font des soucis face à cette montée islamiste. En effet beaucoup associent islamisme et terrorisme. Les doutes sont permis car de tels partis s’attaquent avant tout à la liberté. La liberté de qui ? Des peuples de ces pays bien-sûr, pas de la nôtre car nous ne sommes pas directement concernés. Mais les risques existent. A-t-on oublié qu’à cause de la victoire d’un parti dit islamiste aux élections en Algérie, élections qui ont été annulées par l’armée par après, il y a eu une horrible guerre civile avec des centaines de milliers de morts ? Va-t-on avoir une nouvelle guerre civile à nos portes ? Pas nécessairement si l’on prend l’exemple de la Turquie qui a un parti islamiste au pouvoir et qui se porte tout de même très bien.

Mais la question qui se pose est pourquoi ces peuples ont-ils voté pour ces partis ? C’est que dans ces pays il y a une corruption qui dépasse tout entendement, une corruption à tous les niveaux. Il y a trop de malhonnêteté. A cela s’ajoute une désorganisation totale, une administration défaillante et plus grave encore un taux de chômage qui, par endroits, avoisine les 40 %. Tout cela fait que les gens sont tellement frustrés qu’ils vont voter pour des partis qui représentent à leurs yeux l’ordre et la vertu. De bons Musulmans honnêtes en somme comme si on dirait “de bons Chrétiens”. Or la déception est déjà à l’horizon.

Est-il vrai que ces mouvements islamiques ont été tellement persécutés dans les anciens régimes ? On faisait bien la chasse aux terroristes islamistes ou suspectés de terrorisme mais qu’en est-il de ces mouvements strictement politiques ? Moins qu’on pourrait le penser ! En effet les anciens régimes avaient surtout peur des mouvements de gauche, des syndicats, car il faut savoir que dans ces pays il y a des injustices sociales criantes, épouvantables. Le fossé entre riches et pauvres est énorme. Les populations vivent dans la pauvreté, trop souvent la misère, alors qu’une petite minorité vit dans le luxe, l’opulence et la décadence. Finalement les Islamistess ont même été plutôt ménagés comme ce fut le cas en Égypte (avec les frères musulmans) sous Moubarak alors que les syndicalistes ou journalistes critiques, surtout de gauche, étaient violemment persécutés. En fin de compte les Islamistes étaient plutôt des idiots utiles car ils divisaient et affaiblissaient l’opposition. Une fois au pouvoir ils vont certes s’attaquer aux petites gens, limiter les libertés, opprimer la femme mais est-ce qu’ils vont réellement s’attaquer aux puissants ? Voilà maintenant on sait qui sont les vrais perdants. Encore une fois c’est le peuple. Le peuple de Tunisie, d’Égypte et d’autres pays.

Et nous dans tout cela ? Nous avons l’obligation d’aider ces peuples qui sont nos voisins directs. Un moyen de les aider est de s’informer et informer les autres sur la situation réelle de ces pays. Leur combat est le nôtre, un combat pour la démocratie, la liberté, l’état de droit, la paix et la justice sociale. On en a jamais assez, il faut jamais baisser la garde. Il n’y a pas le “trop de liberté”, “trop de démocratie”. Mais il y a “trop de pauvreté, de misère”.

MARS 2013 S.O.S. SYRIE

Il est clair que l’Alaba est la partie la plus instable du monde. Guerre, corruption et pauvreté semblent être le lot de beaucoup de ces pays. Nous avons l’obligation d’intervenir partout où les démons sont à l’œuvre. Nous avons livré l’exemple avec l’ex-Yougoslavie. A l’heure actuelle il est très important que nous intervenions aussi en Syrie. Chaque jour de plus avec Assad au pouvoir est un jour de perdu pour le printemps arabe et les espoirs de paix et démocratie dans le monde arabo-musulman. Chaque jour de plus renforce les extrémistes islamistes. Je ne sais pas si les Prias ont bien compris que les démons en Syrie peuvent agir jusque chez nous (par exemple par le biais d’attentats terroristes). Si on peut trouver quelque chose de positif à ce conflit c’est qu’il a ouvert les yeux de la communauté internationale sur beaucoup de choses:

Premièrement le monde est conscient maintenant de quoi aurait pu être capable Saddam Hussein s’il serait resté au pouvoir. Oui il y a eu une guerre civile en Irak suite à l’invasion américaine mais avec Saddam au pouvoir cette guerre aurait vite tourné au génocide, aurait duré beaucoup plus longtemps et aurait même impliqué d’autres pays (e.a. l’Iran). Et puis qu’est-ce qu’il y aurait eu si Saddam aurait été chassé du pouvoir ? Plus que certainement encore un régime islamiste extrémiste. Assad junior est de la même trempe que Saddam Hussein: il n’y a aucun moyen pour lui faire comprendre que le peuple ne veut plus de lui au pouvoir, il est prêt à réduire son pays et toute la région en cendres quitte à rester au pouvoir. Où a-t-on vu pareille chose ?

Deuxièmement le monde a compris maintenant que Assad père et fils sont les pires criminels qu’on puisse imaginer. Tout d’un coup tous les conflits au Proche-Orient (Liban, Palestine) prennent une autre tournure. On a compris que Assad senior a la plus grosse responsabilité dans la guerre civile libanaise et le conflit palestinien et qu’avec lui la paix était tout à fait impossible car il ne comprenait que le langage de la terreur et de la violence. Il adorait semer la zizanie entre les communautés diverses au Liban et il finançait et armait des groupes terroristes responsables de tant d’attentats. De plus il ne savait pas négocier. Pour lui négocier voulait dire avant tout arnaquer. Et puis il avait ces qualités typiquement orientales, que nous Occidentaux n’arriveront jamais à comprendre, de se contredire tout le temps, de changer constamment d’opinion et de mélanger les sentiments. Comment se fier d’un tel personnage ? Cet homme est décédé de sa belle mort et n’a jamais été jugé, même pas par l’histoire. On peut dire qu’à l’heure actuelle, avec l’héritage laissé par Assad senior, il sera très difficile de construire quelque chose de durable au Proche-Orient. Ce ne sont pas les criminels qui manquent au Proche-Orient mais les Assad les surpassent tous !

Troisièmement ce conflit nous a ouvert les yeux sur l’imprévisibilité de deux faux amis: la Russie et la Chine. Nous avons beaucoup de relations commerciales et culturelles avec ces deux pays mais nous avons oublié que ce ne sont pas des pays libres et qu’ils constituent toujours une menace pour la paix dans le monde. Ils n’ont aucun intérêt à ce que Assad quitte le pouvoir car, comme eux-mêmes ne sont pas démocratiques, ils ne peuvent pas accepter que des peuples se libèrent comme ça sinon ils pourraient craindre la même chose avec leurs populations respectives. Et puis ils ont tout intérêt à ce que les conflits perdurent dans cette région du monde car comme ça ils peuvent vendre plus d’armes.

Avec le printemps arabe beaucoup de peuples se sont débarrassés de leurs dictateurs respectifs. Mais voilà: il fallait que les espoirs de démocratie ne fassent pas contagion et maintenant on risque même de faire marche arrière! Quel gâchis et il est fort à craindre que le pire est encore à venir.

Et pourquoi on ne fait toujours rien ? Il y a d’abord le véto ne nos faux amis. Et puis il y a de nouveau cette realpolitik de nos dirigeants (surtout des États-Unis). Finalement les États-Unis ne considéraient pas la Syrie comme un ennemi, n’était-ce pas Kissinger qui traitait Assad senior de “lion de Damas” ? Une Syrie forte, surarmé (donc gouverné par un dictateur sanguinaire) est préférable à une Syrie fragile et démocratique (et gouverné par des islamistes). Et puis ce Proche-Orient en état de guerre n’est-il pas un bon client de l’industrie de l’armement ? C’est triste n’est-ce pas ? Or c’est comme ça qu’a fonctionné pendant des années la politique étrangère américaine. On a laissé faire, si ce n’était soutenir carrément soutenir, des dictatures sanguinaires de par le monde: dictatures militaires en Amérique Latine, Shah en Iran, Soeharto en Indonésie, Mobutu au Zaïre, Marcos aux Philippines pour ne citer que quelques exemples.

Peut-être la Syrie sera la dictature de trop, celle où on va tous se brûler. Et si la Syrie allait devenir notre tombe, pas seulement celle des Arabes ?

Lettre d’un ami occidental à un ami arabe malheureux

« C’est un fait que beaucoup de jeunes Arabes cherchent refuge dans l’intégrisme religieux et admirent ceux qui commettent des attentats-suicide. Beaucoup se trouvent dans la précarité morale et matérielle. Peut-on les aider ? Un essai.»

Toi, oui toi, je te connais. Tout d’abord je veux que tu saches que je suis ton ami. Et je sais que tu souffres et je ne suis pas indifférent à ça. Saches que je te comprends, moi à ta place je réagirais de même. Face à ta souffrance j’ai décidé de ne pas détourner le regard mais de voir qu’est-ce que je peux faire pour t’aider.

Comment peut-on être totalement heureux si l’on sait que des gens, qui n’ont pas choisi leur vie, vivent dans la souffrance ? Pourquoi eux ? Cela aurait pu être moi. Qui choisit sa vie à sa naissance ? Finalement la vie n’est qu’une loterie et c’est la plus grande des injustices parce que l’on est toujours limité dans ses choix. quoi qu’on en dise. La tristesse est contagieuse, c’est comme un nuage toxique qui est emporté par le vent et qui fera pleuvoir son poison sur des hommes qui ne savent rien de sa provenance. Des hommes qui eux aussi n’ont pas choisi d’être malheureux. Voilà pourquoi je ne peux être indifférent à ta souffrance. Aujourd’hui toi et demain peut-être moi. C’est pour cela que je t’écrie, pour t’aider mais aussi pour m’aider moi aussi. Excuses-moi je ne peux pas faire plus pour l’instant. Je sais que tu es innocent et j’aimerais que tu le restes.

La tristesse peut s’exprimer de plusieurs façons. Toi je sais que tu es très en colère et que tu n’arrives pas à maîtriser ta haine. Le désespoir te ronge de l’intérieur. Oh oui je te comprends même si je ne vis pas cette situation moi-même. Où vis-tu ? Dans un pays beaucoup plus pauvre que le mien ou dans des banlieues déshéritées de quelque grande ville dans ma région ? Tu ne supportes plus ta pauvreté et tu veux que ça change.

Maintenant saches que dans une telle situation on peut être amené à prendre les mauvais choix parce qu’on est beaucoup plus vulnérable et influençable. Et c’est pour cela que je t’écris: pour t’avertir. Je crains que tu veuilles faire une bêtise. Ne le fais pas ! Tu es en train d’écouter les mauvaises personnes. Dis leur non ! Ne me dis pas que tu penses à commettre quelque violence pour soulager ta conscience. Ta vie est bien trop précieuse pour cela. Ta vie ne t’appartient pas, elle t’a été prêtée et tu dois en faire bon usage. Qui, lorsqu’il emprunte la voiture d’un ami, ne fait pas doublement attention à elle car il veut la rendre dans le même état qu’il l’a prise ? Je sais que tu n’as pas voulu cette vie mais saches que ce n’est pas tout. Il y a plus que la vie. L’amour par exemple. Tu n’aimes pas tes enfants, tes parents, tes frères et sœurs ? Penses à eux aussi. Ne les abandonne pas, ils doivent être fiers de toi. Et tes amis ? Tu as plus d’amis que tu le penses, même ici en Occident, des gens qui comme moi se font des soucis et ne veulent que le bonheur pour toi. Doit-on donner raison à ceux qui disent que les Arabes ne sont pas nos amis et qu’on ne peut pas les aider ? Et puis qui dit qu’après la mort il y a rien ? Et si nos actes auraient de l’influence dans l’au-delà ? Rappelles-toi que personne n’est jamais retourné. Fais donc attention au présent, qui sait ce qui t’attendra après.

Ne me dis pas que la religion est en train de remplir toute ta vie. Saches que la religion est toujours une chose privée qui ne regarde que toi, elle ne peut être qu’un détail dans la vie. Avoir la foi c’est merveilleux mais tout ce qu’il y a autour comme la religion ne doit pas commander ta vie. Tu dois rester libre ! Prends tes distances, n’acceptes pas tout ce qu’on te raconte. Et puis en ce qui concerne les réponses à tes questions, cherches et tu trouveras. Je te le jure. Je te promets que tu trouveras les réponses si tu cherches au bon endroit. C’est là où tu sais que tu as perdu quelque chose que tu dois chercher et pas ailleurs. Commences par trouver l’endroit où tu as perdu l’espoir et c’est là que tu trouveras les réponses. Tu n’auras plus de haine. Tu seras libéré de toute colère. Et un jour tu seras heureux, peut être pas dans cette vie mais un jour, oui c’est sûr, tu seras heureux.

Je sais que ta vie ne va pas changer mais tu peux éviter le pire. Tu n’aimes pas le monde tel qu’il est ? Tu ne peux malheureusement pas le changer. Tu dois penser à toi. La personne la plus importante pour toi c’est toi. Choisis toi-même et surtout choisis la vie. Ne prends surtout pas de décisions qui peuvent amener à la mort. Par tous les moyens choisis la vie. Évites la voie qui amène à la mort du mieux que tu peux. Plus tu évites les risques plus tu es dans le bon. En évitant de prendre les mauvaises décisions, en n’écoutant pas les mauvaises paroles tu seras gagnant. Je ne peux pas t’aider à gagner au lotto mais tu as quand même gagné le gros lot si tu suis ma lettre. Tu vas te sentir tellement plus soulagé. Tu te diras: oui j’ai réussi. Je termine cette lettre par cette promesse. Maintenant je sais que tu as réfléchi à mes paroles et que tu prendras un autre chemin. Et je sais que moi aussi maintenant je peux être plus heureux – grâce à toi !

Voyage au pays des horreurs

S’il y a bien un domaine où j’évite de m’informer c’est bien sur la situation au Proche-Orient. Je viens de lire un récit de voyage de l’avocat le plus connu du Luxembourg. La conclusion est: c’est encore pire de ce que je croyais. J’essaie de détourner le regard tellement c’est insupportable à voir et à entendre. Je parle bien-sûr de la situation des Palestiniens.

Comment est-ce possible ? De telles horreurs au vu et au su de tout le monde ? Personne a le courage de dénoncer. Si on le fait on risque d’être accusé d’antisémitisme ou de partialité donc on se tait. Honni soit qui mal y pense. On nous parle de peuple élu ou de terre sainte. Moi je parlerais plutôt de peuple intelligent manipulé et influencé par des Nazis (je ne trouve pas d’autres mots pour qualifier des gens tels que Nétanjaou ou Shamir). Une terre sainte même pour les Chrétiens ? Il n’y a pas endroit où la bêtise est plus grande que dans le domaine de la religion: au lieu de travailler ensemble les différentes confessions chrétiennes se disputent sur chaque pierre. L’Eglise du Saint Sépulcre est un monument à la bêtise: pas moins de six confessions chrétiennes se partagent cet espace sans penser une seule seconde de collaborer ensemble ! Les autorités de la place ne font que secouer la tête, les Chrétiens confortent la majorité juive dans leur mépris envers eux. Voilà en résumé ce que représente la terre sainte: le mépris de l’autre dans une mer de mensonges.

Israël bénéficie d’une propagande en sa faveur comme jamais dans l’histoire. On veut nous faire croire que ce pays est synonyme de valeurs ou de moralité. Partout on lui laisse les premières places, le contraire serait même perçu comme une offense. Je pose la question: qu’est-ce que ce pays a donc plus que les autres ? Le monde est aveugle. Pire il veut voir des choses qui ne sont pas. On donne des prix à des films de propagande, comme “Valse avec Bachir”, qu’on essaie de présenter trop facilement comme pacifistes. Des Juifs et Arabes chantent ensemble ou jouent ensemble au football et déjà c’est salué comme une large victoire. La désinformation est à son comble, à l’image de tout le Proche-Orient les informations qu’on reçoit sont souvent confuses, contradictoires et incohérentes. Des politiciens qu’on critiquait jadis pour leur nationalisme exacerbé sont tout d’un coup présentés comme “colombes”! Le contraire se présente aussi. Toute la honte du monde se concentre sur cette partie du monde, la honte de l’Occident surtout. Il est facile d’être contre la guerre ou parler de paix, il faut des actes concrets et surtout de l’honnêteté ! Il n’y a pas de crimes ou de bassesses qui soient assez graves pour qu’un de nos politiciens ou autres personnalités connues commence un peu à dénoncer cet état de fait, je dis bien “un peu”. Certes la résistance se forme un peu partout mais sur le terrain la situation s’empire de jour en jour. Peut-être que tout n’est pas perdu. En tout cas pour les Palestiniens il n’y a plus de place sur cette terre, on leur a tout volé. Ils doivent se rendre à l’évidence qu’il vaudrait mieux qu’ils se construisent une nouvelle vie ailleurs. Petit à petit. Il s’agit maintenant de négocier la capitulation, la paix n’est pas possible.

On a tué Yitzhak Rabin parce qu’apparemment il voulait la paix. On se trompe, il ne voulait pas LA paix mais seulement un tout petit peu de paix. Or la paix est absolue comme la vie ou la mort. On ne peut pas être un peu en vie ou un peu mort. Ne cherchez pas d’autres responsables, ils sont tous coupables même les pays arabes. On a trop misé sur la violence et voilà ce qu’on a obtenu. La vie est impossible pour les Palestiniens sur cette terre. Le Proche-Orient est la terre où le mensonge triomphe et les méchants gagnent mais finalement ceux qui vivent le mieux sont ceux qui ont les meilleures armes.

Il y a un peu d’espoir. Le fait que les Israéliens n’aient pas encore détruit la mosquée Al-Aqsa est un signe d’espoir pour l’avenir. S’ils ne l’ont pas détruite jusqu’à présent cela veut dire qu’ils ne vont pas la détruire de si tôt. Elle a survécu jusqu’à présent aux pires criminels, aux pires escrocs et menteurs. Les Arabes devraient regarder en direction de Al-Aqsa. C’est la réponse et la solution, Al-Aqsa est le critère sur lequel on peut reconnaître qui sont les vrais amis et qui sont ceux de qui il faut se méfier. Sur cette base il s’agit de négocier le peu qui reste. Vite, tant qu’il est encore temps, les ennemis d’Al-Aqsa n’attendent pas. Un jour ils seront assez puissants pour s’y attaquer. Jusque là il faut parler avec les honnêtes gens, il en reste; il ne faut pas les laisser seuls. Je m’accroche là-dessus mais je crains qu’il soit trop tard. Donnez moi une raison pour ne pas désespérer. Peut-être que dans une autre vie il y aura la paix et la justice pour cette partie du monde. Un des plus grands criminels que le Proche-Orient ait connu, Itzchak Shamir, est décédé en 2012 à l’âge de 97 ans sans jamais avoir été jugé pour ses crimes – ils sont tout simplement passés aux oubliettes. Je suis sûr que néanmoins ses crimes ne resteront pas impunis. Il y a une vie après la mort et c’est aussi un signe d’espoir. S’il y a une justice après la mort elle fera très mal à certains ! Autre signe d’espoir: pas tous les Israéliens sont juifs et pas tous les Juifs sont israéliens. Beaucoup de Juifs ne s’identifient pas à l’Etat d’Israël et ne veulent pas que ce pays parle et agisse en leur nom. De même que beaucoup d’Israéliens non juifs ne sont pas d’accord avec les agissements de cet Etat et essaient de changer les choses. Et ce la plupart du temps pacifiquement !

Lettre à Son Excellence l’Ambassadeur du Royaume d’Arabie-Saoudite

Votre Excellence,

Par la présente je prends la respectueuse liberté de vous adresser cette lettre au sujet des derniers événements au Proche-Orient et de vous faire quelques propositions.

 

Ici en Occident beaucoup pensent que les Juifs soient incapables de perpétuer un génocide à cause de leur histoire.

 

Les Français, malgré tout ce qu’ils ont souffert durant la 2e guerre mondiale, ne se sont pas gênés à perpétuer des massacres par après en Algérie, Indochine, etc. Beaucoup de leurs soldats-assassins avaient eux-mêmes été témoins ou victimes des crimes du nazisme.

Il en va de même des Britanniques et des Russes. Pourquoi ne serait-il pas de même pour les Juifs ?

 

Comme les Êtres Humains sont pleins d’incohérences et de contradictions, même ici en Occident, il est tout de même consternant de constater que les pires parmi les soldats-assassins israéliens soient des Juifs Séfarades et non Ashkénazes, donc des Juifs qui viennent de pays arabes comme le Maroc où Juifs et Arabes ont toujours vécu en paix ensemble. Quelle excuse peuvent donc nous présenter ces Juifs pour leurs crimes ? Certainement pas la Shoah.

Personne n’est mieux que les autres et certainement pas les Juifs !

 

Ici en Occident beaucoup pensent qu’Israël soit la seule démocratie au Proche-Orient et donc de ce fait humanitaire et tolérant.

 

Tout d’abord, la démocratie n’est pas une garantie pour qu’un État soit un État humanitaire et respectueux des autres. En Israël il y a beaucoup d’Arabes avec un passeport israélien qui subissent toute sorte de discriminations. Il en va de même pour les nombreux travailleurs étrangers en Israël comme les Russes, Philippins, Chinois, etc. Ceci était aussi le cas aux États-Unis, il y a 40 ans, avec les Noirs Américains !

Votre pays, comme le Koweït, est très engagé dans des programmes de charité et d’aide à travers le monde et pourtant il n’est pas présenté comme une démocratie au sens occidental du terme !

 

Ici en Occident beaucoup pensent que le judaïsme et le christianisme soient identiques.

 

Tout d’abord il n’y a pas le christianisme, il y a le catholicisme, le protestantisme, l’orthodoxie, etc. qui, souvent, ne vivent pas en paix ensemble, ensuite de par le personnage de “Jésus-Christ”, les Juifs ne peuvent pas considérer les “Chrétiens” comme leurs pairs car ils refusent catégoriquement (sauf les Juifs messianiques) ce personnage, tout comme la “Vierge Marie”, les apôtres etc. qui – tous – étaient juifs à l’origine.

Il y a plus d’inimités entre Protestants et Catholiques qu’entre Chiites et Sunnites donc pourquoi considérer les Chrétiens comme un bloc ?

 

Je ne comprends vraiment pas l’inaction de nos gouvernements, ici en Occident, contre les crimes commis par Israël. Par contre je comprends le désespoir des Arabes, que je partage par ailleurs. Beaucoup en Occident sont frustrés à cause de la situation des Palestiniens. Nous avons l’impression que les Arabes n’aient aucun moyen d’action pour se défendre. C’est la raison pour laquelle j’aimerais vous transmettre certaines propositions.

Je m’adresse à vous, le Haut Représentant du Royaume d’Arabie-Saoudite, car je considère votre pays comme un pays-phare dans le monde arabe et musulman. Et vous avez des moyens d’action au sein de la Ligue Arabe !

Pourquoi ne pas obliger tous les visiteurs d’un pays membre de la Ligue Arabe à remplir un document où on leur demande leur opinion sur les Musulmans, le terme « terroriste », les Palestiniens, etc. de la manière comme le font les Américains avec tous ceux qui veulent entrer aux États-Unis. ? Ceci aurait certainement un impact psychologique sur tous ceux qui se rendent dans un pays « arabe ».

 

Ici en Occident, nos Politiciens disent vouloir la paix et respecter les Arabes. Nous savons tous que ce n’est pas vrai car beaucoup de nos intellectuels et de nos puissants nous présentent le Tiers-Monde comme une menace car « ils font beaucoup d’enfants » et « veulent tous venir vivre chez nous » et « nous imposer leur culture et leur religion » etc. Pourquoi ne pas faire signer un document à chacun qui vient en qualité « d’émissaire » dans vos pays où il déclare formellement

– Vouloir vraiment la paix

– Respecter les Musulmans et plus spécialement les Arabes d’entre eux

– Ne pas venir en qualité « d’agent de renseignement »

– Etc.

avec remise d’une copie signée d’un document d’identité à l’appui ?

 

Pourquoi tous les pays membres de la Ligue Arabe ne décideraient-ils pas de sortir de l’ONU tant que son siège soit à New York ?

 

Soyez assurés que beaucoup de « Chrétiens » réprouvent la situation horrible des Palestiniens (dont beaucoup sont chrétiens par ailleurs comme c’est le cas chez les Irakiens ou les Libanais). Au sujet de la guerre contre l’Irak en 2003, j’ai l’impression qu’on ne voulait pas nous dire toute la vérité comme le fait que Saddam Hussein voulait commencer à vendre son pétrole en EURO et plus en dollars ou comme le projet caché des Américains de donner une nouvelle terre aux Palestiniens en Mésopotamie (comme l’avait proposé Omar Pacha à l’époque).

 

Nous sommes aussi victimes, mêmes les premières victimes, de ces dirigeants et intellectuels islamophobes qui nous dirigent. C’est la raison pour laquelle je pense que nous devons, ici en Occident, nous engager davantage pour les Palestiniens et le dialogue avec le monde arabe.

 

En vous remerciant de m’avoir consacré un peu de votre temps précieux, je vous prie de croire, Votre Excellence, en mes sentiments les plus respectueux.

Afghanistan : tout n’est pas perdu !

Quand j’ai longuement insisté sur le fait que la seule bonne chose qu’ait faite George W. Bush était de libérer l’Irak de Saddam Hussein j’ai sans doute oublié qu’une autre bonne chose, ou plutôt une mauvaise chose mais finalement nécessaire (ou peut-être faut-il dire: une bonne chose mais faite par la mauvaise personne), était le fait d’avoir libéré l’Afghanistan des Talibans. Qu’on ne s’y détrompe pas : il n’y avait pas d’autres moyens pour s’en débarrasser aussi rapidement. S’il ne serait pas intervenu cela aurait également mal terminé avec probablement une guerre civile interminable avec l’intervention possible d’autres pays comme le Pakistan. Cela aurait été probablement une guerre civile barbare et fratricide comme en Algérie ou dans les meilleurs des cas un retour à l’âge de pierre ou plus loin encore. Le meilleur exemple est le Cambodge des Khmers Rouges. Cela aurait été plus que certainement un refuge pour les terroristes ou extrémistes islamistes. L’histoire ne va certainement que retenir l’énorme chaos qui règne actuellement en Afghanistan mais ce chaos est relatif eu regard du bon sens. Tout n’est pas mauvais dans l’Afghanistan d’aujourd’hui et l’histoire est loin d’être terminée. On ne pourra pas détruire les grains de la démocratie, des droits de l’homme, de la liberté de la presse, de l’émancipation de la femme, de l’état de droit qui ont été semés. Oui car ces grains peuvent germer dans le monde musulman. C’est tout à fait possible et les populations veulent cela dans leur énorme majorité même si elles ne veulent pas l’admettre ouvertement. Dans le long terme c’est faisable à condition de combattre la corruption généralisée et ne pas laisser faire des fanatiques nihilistes.

Il faut aussi considérer que les Talibans mènent une guerre qu’ils ne peuvent pas gagner et le pire c’est qu’ils le savent ! Alors pourquoi ils continuent ? Parce qu’il est dans la mentalité de ces gens de terroriser, donc semer le mal et la mort. « Je sais que je ne peux pas gagner donc j’essaie au moins de faire le plus de dégât possible. D’essayer de faire le plus d’attentats possibles. De tuer le plus de personnes tant qu’il est encore temps ! » C’est comme dans un jeu où il s’agit d’enlever le plus de pions à l’adversaire. C’est une voie sans issue et l’Afghanistan doit savoir qu’il ne peut s’engager dans la voie tracée par les Talibans. La voie que l’Afghanistan suit actuellement n’est pas idéale mais c’est au moins un début et avec l’aide de l’Occident il peut même réussir à construire un Etat viable et digne de ce nom. Même le plus grand soutien des Talibans, le Pakistan, a compris ça et on peut aussi compter sur son aide – j’en suis convaincu.

Le dialogue avec le monde musulman : une nécessité et une urgence

Il est sans conteste que la partie la plus instable et conflictuelle au monde est le monde musulman. Donc tous nos efforts de paix doivent se concentrer là-dessus.

S’il est vrai que Bush jr a libéré l’Afghanistan des Talibans et l’Irak de Saddam Hussein il n’en reste pas moins que depuis qu’il a été élu les relations entre Occident et monde musulman se sont considérablement détériorées. Et l’élection d’Obama n’a rien changé à la donne. Il s’agit maintenant de réparer les dégâts du mieux que l’on peut.

Le monde musulman représente quand même environ un milliard d’habitants. Un dialogue constructif serait aussi bénéfique pour nous. Pourquoi est-ce tellement difficile ?

Tout d’abord il y a une extrême droite très influente en Occident qui considère l’Islam comme une menace ou plutôt le grand ennemi. Il est, aussi et surtout, dans notre intérêt de combattre ces pouvoirs occultes (services secrets, groupes de pression sous formes de think tanks, loges incontrôlées ou incontrôlables comme la P2 en Italie, medias sous influence comme la RAI en Italie ou France 2 en France).

Autre grand problème: l’Islam est une religion très tolérante mais voilà que le monde musulman ne supporte pas les minorités: situation précaire des Coptes en Egypte, Chiites au Pakistan par exemple pour ne citer que la partie plus visible de l’Iceberg.

Donc le dialogue pourrait aussi être bénéfique pour le monde musulman. Mais où commencer ? La réponse est peut-être assez simple : commençons par les Musulmans ici en Europe, nous avons quand même plusieurs millions de Musulmans en France, Belgique, Allemagne, Royaume-Uni. Je n’ai pas cité beaucoup d’auteurs dans mon ouvrage mais j’aimerais emprunter les mots de l’écrivain Marek Halter qui invitait à contaminer les Musulmans avec nos maladies : la démocratie, les droits de l’homme, le respect de la femme…Cherchons le contact avec les Musulmans et contaminons-les. D’Europe pourra partir un vent nouveau en Islam. Il n’y a pas qu’en Europe. On en parle jamais mais en Indonésie il y a un mouvement très intéressant qui s’est développé. L’ancien président indonésien avait appelé à un « jihad de la paix ».

“Pays musulmans: réveillez vous ! Tout d’abord il n’y a pas de pays musulmans mais pays à population majoritairement musulmane. Et puis commencez à tolérer d’autres point de vue. Un Chrétien ou un Juif n’est pas un infidèle et ceci est vrai aussi pour tout autre adepte d’une religion quelconque. Et si quelqu’un a décidé de ne pas croire, ce n’est pas un criminel; c’est son choix personnel ! ».

Est-ce que le dialogue est toujours aussi facile ? Je pose une autre question : peut-on dialoguer avec un Taliban ? Justement l’extrémisme islamiste est devenu une branche du fascisme comme l’étaient le nazisme et le stalinisme. L’un des prix nobel de la paix en 2014, Malala Yousafzai, a reçu une balle dans la tête parce qu’elle voulait aller à l’école. Ceci en dit long sur les extrémistes tels que les Talibans. Je crains que nous avons dépassé un seuil où le dialogue n’est plus possible, je crains que l’islamisme radical a dépassé une barrière où il n’y a plus de voie de retour. Faut-il l’intervention des Américains pour mettre fin à l’envolée de l’extrémisme ? Justement non car les Américains aliment précisément l’extrémisme. Notre seul espoir est le monde musulman lui-même. Espérons qu’un vent nouveau pourra venir de pays comme l’Indonésie, la Turquie, la Tunisie et – last but not least – l’Egypte. Avec notre soutien ces pays pourront vaincre l’extrémisme. En tout cas c’est de là que doit venir la réaction.

L’Eglise catholique en question

L’Eglise et ses compères

Je me définit plutôt comme religieusement « croyant » et politiquement de « gauche », je suis donc en faveur de la séparation Etat/Eglise et je n’aime pas trop l’Eglise catholique en tant qu’institution.

Une chose que je n’ai jamais trop comprise est cette relation d’amour entre Eglise et milieux conservateurs. Les partis politiques de droite ou d’extrême-droite s’affichent toujours comme étant proches de l’Eglise. Comme s’il fallait être de droite pour aller à l’Eglise ou inversement un homme de gauche ne pourrait pas y aller. Et puis il n’y a pas seulement la politique, il y a dans la société aussi certains éléments plus ou moins conservateurs, plus ou moins proches de l’Eglise mais qui peuvent être tout aussi dangereux. Ce sont des gens souvent bornés, hypocrites, bigots, envieux mais qui aiment aussi s’afficher. Ces éléments créent aussi une pression néfaste sur les enfants. Ce sont eux qui veulent voir des enfants tout gentils, bien carrés, disciplinés, donc soumis, intolérants parfois car renfermés dans des principes préfabriqués.

Dans mon village d’origine, Schifflange, il y avait comme une espèce de mafia qui gravitait autour de l’Eglise. Pour le curé de l’époque ils faisaient partie des “gentils”, tout au moins c’était l’image qu’il véhiculait. Qui étaient ces “gentils” ? D’anciens résistants, certains politiciens ou syndicalistes conservateurs, les scouts, la chorale, certains notables et puis les éléments que j’ai décrit ci-haut. Cette mafia avait la mainmise sur l’école, elle aussi a contribué à ruiner mon adolescence. Car avec elle aussi il fallait faire partie des “gentils” donc fermer sa gueule et se laisser faire. Ne pas se défendre contre les “méchants” mais les éviter le plus possible. Cette mafia a fait parler d’elle plus tard à l’occasion d’un scandale politico-financier d’une ancienne maire. Et puis elle a produit en son sein une vocation, un garçon qui est devenu prêtre. Lui était un des tout gentils. Et puis tout d’un coup, dans une conférence de presse, il a avoué qu’il avait une affaire avec une femme et qu’il allait démissionner. Et l’évêque était à côté. Quel choc ! C’était une histoire sordide dont j’ai oublié les détails. Mais le plus grand choc fut lorsqu’on a découvert qu’un des curés était pédophile. Dans ce Schifflange tellement parfait où il y avait d’un côté le peuple ouvrier et de l’autre le peuple des employés ou ouvriers “bourgeoisés”. C’était tellement clair et délimité. Les bons d’un côté les mauvais de l’autre. Cela semblait tellement simple. Et puis l’Eglise a commencé à se vider, la gauche est arrivé au pouvoir, on a découvert que l’on pouvait aussi discuter avec les “méchants”, que les “gentils” n’étaient pas toujours gentils, et il y a eu une arrivée massive d’immigrés. Tout ou presque a changé. Une chose est sûre: Schifflange est devenue beaucoup plus tolérante et ouverte !

L’Eglise catholique : une institution corrompue !

Pour quelqu’un qui va à la messe je suis le premier à admettre que l’Eglise catholique est une institution corrompue, misogyne, homophobe, misanthrope. A cela s’ajoute que cette Eglise n’est pas pédophile mais pire encore : pédophobe, donc anti-enfants. Alors pourquoi je continue à aller à la messe ? Parce que tout simplement il y a une différence entre la foi, le fait d’aller à la messe, vivre la messe, donc écouter la liturgie, l’homélie, prendre la communion et l’Eglise en tant qu’organisation. Un prêtre peut être un voleur, pédophile mais il peut aussi célébrer convenablement une messe, distribuer la communion, faire une homélie acceptable. Ce sont deux choses différentes (mais cela ne veut pas dire qu’il faille garder ce prêtre à sa place).

Autre chose : l’Eglise ne respecte pas les droits de l’homme et les premières victimes sont les prêtres. Comment peut-on interdire à une personne de se marier ? Comment peut-on licencier quelqu’un seulement parce qu’il veut ses marier ? Si on fait vœu de chasteté cela reste un vœu, un acte volontaire mais pas une obligation légale ! Et puis comment peut-on interdire à des femmes d’exercer un certain métier (je parle bien-sûr du métier de prêtre) ? Ceci aussi est contraire aux droits de l’homme et à l’égalité des chances.

Un sacrement que je respecte beaucoup est la confession mais comment peut-on obliger des enfants de 9 ans à se confesser ? Ce n’est pas à l’Eglise d’obliger les enfants de cet âge à avoir une mauvaise conscience. A cet âge-là les règles doivent être dictées par les parents, l’école, les institutions et c’est à eux d’imposer des sanctions. En fin de compte c’est un sacrement qui est mal interprété et dont l’Eglise fait un mauvais usage. L’Eglise veut des ouailles qui aient constamment une mauvaise conscience et ce dès leur plus jeune âge. Elle oblige ses fidèles à avoir une vision du monde en noir et blanc : les gentils d’un côté et les méchants de l’autre. Et être gentil c’est fermer sa gueule et se laisser faire. Ne pas poser de questions, ne pas réfléchir. Comme à l’armée. Voilà ce que l’Eglise veut : des gens soumis, ayant mauvaise conscience, fanatiques, dérangés, perturbés.

Justement revenons aux enfants : pour quelqu’un qui va à la messe je suis le premier à dire que l’Eglise a détruit ma vie à partir de mon entrée à la puberté jusqu’à l’âge de plus ou moins 20 ans. Non je n’ai pas été victime d’un prêtre pédophile mais d’un prêtre sévère. On m’a imposé une vision du monde complètement erroné, on a largement contribué à me rendre complètement soumis, servile, renfermé. Mais là où il ne fallait pas l’être. A cause de l’Eglise – entre autre, pas seulement – j’ai été cruellement taquiné à l’école. Ce n’est pas la faute entière de l’Eglise, c’est vrai que j’étais déjà prédisposé à cause de plusieurs autres facteurs comme l’éducation reçu, l’environnement particulier, etc mais l’Eglise m’a confirmé et maintenu dans cet état de soumis qui ne se défend pas. Qui ne répond pas. En tout cas elle ne m’a pas du tout aidé à sortir de ce état. Je n’attaque pas un prêtre en particulier mais l’Eglise en général. Personne ne peut s’imaginer l’emprise que peut avoir une Eglise ou un prêtre sur les enfants. Il n’y a pas plus puissant. Et je ne parle pas de tous les enfants mais de ceux qui, comme moi, croyaient, craignaient Dieu. Croyez-moi : tous les enfants victimes d’actes de pédophilie de la part de prêtres sont des enfants croyants. Un enfant à qui l’Eglise est assez indifférente ne peut pas être victime d’un prêtre pédophile. C’est parce que ce prêtre sent le pouvoir qu’il exerce sur des enfants croyants et il en abuse. Ce n’est qu’un abus de pouvoir finalement.

Le problème est qu’un enfant, jusqu’à la fin de sa puberté, n’arrive pas encore trop bien à discerner. Il ne peut pas comprendre beaucoup de choses, des choses qui pour un adulte sont tout à fait normaux mais qui, pour un enfant timide, peureux comme moi je l’ai été sont hors de portée. A cet âge on n’arrive pas à trouver les mots justes pour exprimer son malaise. C’est l’âge incompris. Ce n’est qu’à partir de l’âge de 20 ans que moi j’ai commencé à comprendre beaucoup de choses sur la vie, la religion et ses préceptes ! On peut parler d’une rupture, d’une entrée dans la vie adulte pour moi à cet âge. Là où l’Eglise a complètement raté sa mission d’évangélisation est la tranche d’âge de l’adolescence jusqu’à la première année d’université. Elle n’arrive pas du tout à trouver le langage adéquat pour s’adresser à cette tranche d’âge. On n’est pas encore vraiment adulte mais pas un enfant non plus. Il est vrai que cela vaut aussi en grande partie pour les institutions telles que les écoles. Ce n’est pas seulement le fait de savoir écouter mais surtout de comprendre. Un adolescent ne demande pas plus que d’être compris. L’empathie en somme. Mais est-ce que le monde est préparé pour les adolescents ?

Le catéchisme à l’école

Vous l’aurez compris je suis en faveur d’une plus grande séparation État/Église et de la suppression du cours de catéchisme à l’école. Catéchisme ? J’ai été de ceux qui n’ont pas été chanceux avec ce cours. Il n’y a pas eu une seule année où je puisse dire: « oui, ce cours m’a apporté quelque chose ». C’était une heure de perdue, une heure pour dormir ou pour faire des bêtises. Ou pour ne rien faire du tout comme cela a été le cas en 7e (j’avais 13 ans). Un curé devait donner ce cours, or la plupart du temps il entrait et nous disait que nous pouvions faire ce que nous voulions. Heure de religion ? Il y eut des années où on a parlé de tout sauf de religion. Comme par exemple des Russes. On a eu une année où la catéchiste ne faisait que nous parler des Russes et de la Russie. Ces Russes qui voulaient nous envahir, de cette Russie où les gens étaient constamment surveillés. Elle nous racontait toutes sortes d’horreurs sur la Russie. Nous enfants on avait une peur bleue des Russes. Ce n’est que plus tard, durant mes années de lycée, que j’ai compris que, en fait, elle ne voulait pas parler des Russes mais des communistes et que notre système, le capitalisme, n’était pas tellement mieux. C’est là que je suis devenu communiste.

Mais la pire expérience je l’ai faite en 10e,  la pire année de toute ma scolarité. On avait rassemblé tous ceux qui avaient choisi le cours de catéchisme dans une seule classe. Inutile de dire que l’ambiance dans cette classe n’était pas des meilleures, il faut s’imaginer : le seul critère pour mettre en place cette classe était l’heure de religion, donc 1 seule heure de la semaine ! Ceux qui n’avaient pas choisi la religion ont eu droit à une heure de sport en plus et avaient une ambiance nettement meilleure en classe. Jusqu’à aujourd’hui je dois subir les conséquences de cette année. Je m’étais juré de ne pas mettre mes enfants dans l’heure de catéchisme mais finalement il y a eu des progrès entretemps mais peut-être que c’est trop tard.

Je ne suis devenu que réellement catholique à l’âge de 22 ans lors de mon premier pèlerinage à Medjugorje. C’est là que mon cheminement religieux a commencé, à partir de cet âge j’ai commencé à apprendre la plupart des prières importantes, le sens des sacrements, etc donc toutes des choses que je n’ai pas appris ou retenu à l’école. Politiquement je suis resté de gauche.

L’Eglise et la politique

Vous l’aurez compris j’ai fait beaucoup de mauvaises expériences avec l’Eglise et les institutions comme l’école durant mon adolescence. Mais je n’ai jamais perdu la foi. La foi n’est pas liée à une Eglise.

Dans mon village d’origine, Schifflange, l’Eglise et ses compères étaient très liés au partie démocrate-chrétien tandis que le peuple ouvrier était plutôt lié au parti socialiste et communiste. C’était aussi l’époque de la RAF en Allemagne et des Brigades Rouges en Italie. En Allemagne surtout l’Eglise était très politisée. Je me rappelle que quand j’étais enfant de cœur nous recevions un périodique allemand en Eglise, le « Leuchtfeuer Ministrant ». Un torchon ultra-conservateur qui publiait des prières telles que « une Maserati est belle mais pas aussi belle que … » et puis un truc religieux. Il fallait endoctriner les enfants dès leur plus jeune, leur enseigner qu’il y avait des personnes riches sur terre qui avaient le droit de posséder une Maserati et que tout ça était dans le plan de Dieu. En somme il fallait accepter le monde tel qu’il est et ne pas se révolter contre l’ordre établi. Mais je penses que j’ai été encore chanceux avec ma génération. Il y avait une époque où les prêtres ordonnaient aux femmes de faire beaucoup d’enfants (alors que eux-mêmes ne pouvaient pas en avoir). La surpopulation conduit à la pauvreté et tant qu’il y a pauvreté les gens ont la foi. « Dove c’è povertà c’è credeltà », où il y a pauvreté il y a crédulité. C’est aussi la faute à l’Eglise qu’un pays comme les Philippines est tellement surpeuplé que les gens sont obligés de partir en masse pour chercher une meilleure existence ailleurs. C’est à mes yeux un des plus grands crimes de l’Eglise catholique. Et puis n’oublions pas que au nom de la lutte contre le communisme l’Eglise était prête à collaborer avec la CIA. C’est comme ça qu’il y a eu le scandale de la Banque Ambrosiano, un des plus grands scandales financiers de l’histoire. A la fin l’Eglise s’est brûlé les doigts en collaborant avec des milieux d’extrême-droite dont certains éléments étaient anti-cléricaux et qui ont profité de l’occasion pour jouer des tours à l’Eglise. Roberto Calvi, patron de la Banco Ambrosiano, était membre de la loge P2 qui elle n’était pas très en faveur de l’Eglise (milieux de la franc-maçonnerie).

Espérons que l’élection d’un pape argentin pourra faire de l’Eglise une institution apolitique.

La violence synonyme du monde chrétien

Une des raisons pourquoi le dialogue avec le monde musulman est si important est tout simplement la grave crise spirituelle que traverse l’Europe. Un meilleur dialogue avec les musulmans pourrait secouer un peu cette Europe à la recherche de valeurs.

Il s’agit tout d’abord d’avoir une vision plus décomplexée des musulmans mais sans oublier les précautions d’usage. Personne ne souhaite qu’on aille se jeter dans les bras des musulmans mais il faut tout simplement arrêter de penser que l’Islam est un danger ou l’ennemi de l’Occident. L’Islam n’est pas synonyme de violence !

Qu’en est-il de la religion catholique ? L’histoire nous révèle que au nom de cette même religion beaucoup de violence a été commise. Elle n’a rien à envier à l’Islam. Maintenant l’Eglise catholique se trouve à un tournant, elle doit décider de prendre ce virage ou de continuer tout droit. Personnellement je pense qu’elle doit changer de voie et j’espère que l’élection d’un pape argentin pourra enfin donner un élan nouveau à cette Eglise, surtout dans des pays en crise. Où est la priorité ? Pour l’instant pas en Europe: un pays majoritairement catholique, la République démocratique du Congo – ex-Zaïre – vit une guerre civile épouvantable. Cette guerre civile a tué jusqu’à présent plus de personnes que les guerres au Proche-Orient, Afghanistan, Somalie et Irak réunis. Deuxième priorité: l’Amérique Centrale – aussi majoritairement catholique – connaît des taux de criminalité qui dépassent tout entendement. Même en Irak on risque moins de se faire tuer qu’au Honduras ! L’Eglise catholique doit répondre à ces situations urgentes – en se réformant ! Et je ne parle même pas de choses comme l’abandon de l’obligation de célibat pour les prêtes ou l’ordination des femmes. Un changement en profondeur, dogmatique et théologique s’impose. L’élan doit partir d’Europe mais l’Europe ne peut plus être le seul centre, voilà ce que le nouveau pape doit comprendre avant tout ! L’Eglise catholique a plus besoin d’être réformée que l’Islam !

La « bonne » religion

Quelle est la bonne religion ? Ou la vraie ? Est-ce qu’on peut répondre à une telle question ? Moi je répond par une autre question: de toutes les langues sur terre quelle est la bonne ? Il est impossible d’y répondre.

Une réponse qui me vient tout de même à l’esprit est: la bonne religion est celle qui est comprise et pratiquée correctement. Si la religion catholique est bien comprise par celui qui la pratique et que celui-ci la pratique correctement, pour lui c’est la bonne religion. Idem pour le Musulman, le Juif, etc.

Donc toutes les religions se valent et ont raison ? Je dois avouer que je connais mal les autres religions ou certains mouvements qui s’y rapprochent donc je ne peux pas comparer. Mais je sais que je ne pourrais pas rester dans une religion si je ne suis pas convaincu que c’est, pour moi, la meilleure des religions possibles. On ne finira jamais d’explorer sa religion ou de s’informer sur d’autres religions, en fin de compte ce qui compte c’est la foi. La bonne religion se définit par la foi.

Je ne suis pas trop convaincu de ceux qui pensent qu’il faudrait tirer le mieux de plusieurs religions (syncrétisme). Par contre on peut se reconnaître dans une autre religion. Pour moi qui suit catholique un bon exemple de vie catholique sont le Mahatma Gandhi et Nelson Mandela même si ces derniers n’étaient pas catholiques. Une idée qui me plaît est de pratiquer plusieurs religions. Au Japon c’est assez courant. On peut être shintoïste et bouddhiste ou catholique et bouddhiste. Ce qui me plaît moins sont ceux qui se disent pratiquants mais qui ne prennent de leur religion que ce qui leur convient le mieux et ignorent le reste, une religion à la carte en somme. Je ne suis pas trop convaincu non plus de certains mouvements para-religieux modernes (paganisme ou néo-paganisme).

Une autre catégorie sont ceux qui interprètent la religion à leur manière ou qui la voient d’une manière très étroite ou extrême, en somme je parle des intégristes. C’est un des grands dangers de notre époque parce qu’en plus ces intégristes sont souvent politiquement actifs. Le contraire de la religion n’est pas l’athéisme mais justement l’intégrisme parce qu’il détourne complètement le sens de la religion et finalement va dans le sens opposé.

Il est clair qu’aucune religion n’est parfaite car humaine. Par contre, et c’est là que le bas blesse, chaque religion doit chercher à s’améliorer, à se mettre en question régulièrement, à apprendre des autres religions pour se rapprocher d’une vérité supérieure. Voilà comment on pourrait arriver à la “bonne religion”.

La quête du bonheur

Beaucoup de gens me demandent pourquoi je vais à la messe, à quoi cela me sert. Cela ne m’aide pas à être heureux. Peut-être. Je suis plutôt d’un caractère mélancolique, parfois je donne l’impression d’être malheureux.

Ce qui freine le bonheur est la quête d’avoir toujours plus ou la jalousie envers d’autres. Est heureux dans la vie celui qui ne se plaint pas. Voilà ce que moi je pourrais enseigner à mes enfants. Par contre je n’ai pas de remèdes pour prévenir les accidents de la vie, j’en ai fait moi-même plusieurs fois l’expérience. En 2006  j’ai acheté une maison où je me suis complètement planté. Tout d’abord cette maison était trop petite et puis elle avait trop de vices cachés et j’ai eu affaire à bon nombre d’escrocs lors des travaux de rénovation. C’était une chaîne sans fin, finalement j’ai pu vendre cette maison mais j’ai failli y rester. Cette expérience nous a enseigné beaucoup mais fallait-il vraiment passer par là ? Autre exemple: en 1995 j’ai eu affaire à un escroc qui m’a soutiré beaucoup d’argent. Je ne sais pas trop comment j’ai pu tomber dans le panneau mais je n’était qu’une de ses nombreuses victimes; il était vraiment très fort. Cette expérience aussi m’a énormément enseigné mais aurait-on pu l’éviter ? Autre coup du sort: en 2012 je suis passé tout près de l’éclatement de ma vésicule biliaire, ce problème aurait dû être traité avant mais il y a eu négligence de la part des médecins luxembourgeois. Finalement c’est en Italie que l’on m’a opéré presque au dernier moment. Et voilà comment je suis passé tout près de la mort.

Finalement le but final de la vie n’est peut-être pas d’être heureux. La vie comporte la souffrance et la mort fait partie de la vie. Peut-être que notre vie ne nous appartient pas et que nous avons une mission à remplir sur terre. Il incombe à chacun de nous de trouver cette mission et voilà ce qui fait la vie digne d’être vécue.

En fin de compte la vie n’est qu’une loterie et faite d’épreuves permanentes. Et chaque épreuve peut apporter quelque chose, peut aider à être plus heureux plus tard, donner de l’expérience pour éviter d’autres bêtises plus tard. Le bonheur va en grandissant au fil des épreuves. On a tous nos croix à porter. Etre heureux oui mais aussi: trouver son équilibre et trouver son chemin. Si on est religieux l’objectif ultime est de se retrouver au paradis une fois son chemin terminé et pour cela il faut tout un travail de préparation. La fin de quelque chose est toujours le début de quelque chose d’autre.

Malheureusement je n’ai pas de remède pour être heureux. Une fois qu’on l’est on a toujours quelque chose à perdre, le bonheur est tellement fragile. J’étais l’homme le plus heureux début 2013 : une femme qui m’aimait, des enfants qui allaient bien, un travail qui me plaisait. Et puis tout d’un coup vers la fin août on m’annonce qu’on allait me muter au travail, tout un monde s’est effondré. Etais-je trop négligeant, n’ais-je pas vu mes erreurs au travail ? En tout cas depuis lors j’ai vécu un véritable cauchemar au travail. Ma mère est tombé très malade en décembre de la même année – le jour de noël – et il n’y a plus de chances qu’elle se rétablisse. Tout est venu à la fois, c’est comme ça dans la vie. Ma femme m’aime toujours, mes enfants vont encore bien et j’ai toujours mon cercle d’amis. Tout n’est pas perdu. Si vous êtes heureux pensez à ceux qui sont malheureux. Et soyez très prudent.

CONCLUSION

Si vous êtes heureux pensez à ceux qui sont malheureux. Je suis heureux au Luxembourg mais je ne ferme pas mes yeux à ceux qui sont malheureux. Justement à cause de la société d’information où nous vivons nous ressentons davantage ce qui se passe dans le monde. De plus au Luxembourg on peut trouver toutes les nationalités. Ainsi on trouve des Algériens, Congolais, Rwandais, etc et on ressent bien-sûr la situation dans leurs pays respectifs. Il y a aussi tout un monde associatif comme l’ASTM (Association de Soutien au Tiers-Monde) qui essaie de sensibiliser le public aux problèmes de l’hémisphère sud. La preuve que les gens s’intéressent à ce qui se passe dans le monde.

L’Islam est une religion surtout présente dans le Tiers-Monde. Or voilà que l’Islam est en crise : corruption généralisée, pauvreté, oppression, terrorisme et finalement intégrisme. A cela s’ajoute le lourd passé colonial qui a laissé des blessures toujours pas guéries (voir l’extrême pudeur affichée par les femmes musulmanes alors que sous le colonialisme la prostitution était très répandue dans les pays arabes). Un mouvement intégriste s’est imposé dans l’Islam et prend les proportions d’une épidémie. Ce mouvement a été initié par la révolution en Iran, la lutte contre les Soviétiques en Afghanistan, la guerre civile au Liban et par le vide créé avec la chute du communisme.

Chez nous on constate que ce n’est pas seulement le communisme qui a fait faillite mais c’est la gauche en général qui a perdu ses repères. Un pouvoir occulte, d’extrême-droite, contrôle de plus en plus nos pays. Un pouvoir lié aux principaux intérêts économiques et qui veut nous présenter l’Islam comme le grand ennemi. Un pouvoir dédiabolisé qui a accepté l’élection d’un président noir aux Etats-Unis. Or celui-ci a déçu sur toute la ligne, en fin de compte ce n’est qu’un clown qui ne sert qu’à donner une meilleure image des Etats-Unis dans le monde.

Le plus grand danger n’est pas l’Islam mais la destruction de l’environnement, la surpopulation dans l’Alaba (surpopulation dans le sens que ces pays n’arrivent pas à nourrir et faire travailler un nombre important de leurs populations, ce qui les pousse à émigrer – souvent clandestinement) et le terrorisme. A part cela le quart de siècle depuis la chute du mur de Berlin n’est qu’une énorme occasion perdue (comme au Proche-Orient) et un grand bond en arrière (voir Guantanamo). La guerre n’a pas disparu de la terre et il y a eu un point culminant avec le génocide au Rwanda. Même l’Europe n’a pas été épargnée par la guerre comme le démontre la guerre dans les Balkans et plus récemment le conflit en Ukraine. La destruction de l’environnement atteint des proportions inégalées avec comme toile de fonds la plus grande catastrophe écologique de l’histoire : la destruction de la forêt amazonienne.

Avec les énormes moyens de communication à notre disposition chacun d’entre nous peut faire changer les choses ou du moins les influencer. « Un monde plus prospère grâce à toi ». Ceci ne veut pas dire qu’on doit se prendre trop au sérieux, nous sommes infiniment petits dans l’univers. Si Dieu il y a c’est le Dieu de l’univers et pas seulement de la terre. Mais chacun de nous peut avoir de l’importance s’il est solidaires avec les autres !

Je suis croyant et j’essaie aussi de pratiquer ma religion mais j’ai fait trop de mauvaises expériences avec l’Eglise catholique pour croire que celle-ci pourra résoudre les problèmes de ce monde. L’Eglise catholique doit être reformée mais je ne suis pas du tout convaincu que les autres religions soient mieux que la religion catholique et surtout pas les autres confessions chrétiennes. De toutes façons la foi n’est pas nécessairement liée à une religion.

J’ai essayé d’en apprendre un peu plus sur l’Islam. Paradoxalement en étudiant l’Islam j’ai appris à mieux connaître et à apprécier ma religion! L’Islam, plus que les autres religions, est une religion vécue et pratiquée avec le cœur et moins avec l’intellect. Ce cœur qui fait si cruellement défaut dans nos sociétés occidentales hyper-rationnelles. D’un autre côté le monde musulman gagnerait en cohérence et sérénité dans un meilleur dialogue avec l’Occident. Et pour cela le meilleur pont sont les nombreux Musulmans en Europe. Pour améliorer le dialogue avec le monde musulman l’Occident doit absolument changer sa politique envers Israel et tout le Proche-Orient en général (p.ex. : ne plus soutenir ou laisser faire Assad en Syrie).

Que faire si la bêtise l’emporte dans le dialogue inter-chrétien ? Chacun campe sur ses privilèges et ses convictions avec comme monument à la bêtise l’Eglise du Saint-Sépulcre à Jérusalem. Or laissons les Eglises dans leurs coins et leurs disputes, la réponse aux grandes questions de ce monde ne peut être que laïque. Et il faut absolument trouver une alternative à la religion, à toutes les religions !

Une source d’inspiration pourrait être la philosophie et la psychologie. Encore une fois je dois insister sur le fait que la philosophie doit être redécouverte avec le cœur et moins avec l’intellect. Coeur veut avant tout dire langage simple, honnête, direct et non politiquement correct. La philosophie doit aussi être liée à l’éthique et un peu à la théologie. Voilà comment on pourrait arriver à une véritable morale/foi laïque. De toutes façons laïcité ne veut pas dire a-/im-moralité !

La perte des valeurs est compensé par le droit, les tribunaux ont pris la place des Eglises. Mais ceci n’est pas la solution car la justice est un pouvoir sous influence et en plus très lent et coûteux. D’un autre côté on remarque que de plus en plus le travail remplace la religion et la consommation remplace la nationalité. On vit pour travailler ou plutôt on se définit par son travail, on n’est plus tellement Français ou Allemand mais plutôt consommateur apatride.

Le racisme a diminué dans les Prias mais ceci ne veut pas dire qu’il n’y a plus de discriminations. Le monde du travail reste un monde d’injustices et de tensions, vu l’augmentation du nombre des universitaires on constate d’un côté une professionnalisation accrue du travail mais d’un autre côté aussi l’apparition d’un discours très fermé, agressif sur les bords, et volontiers mensonger. Les familles ne tiennent pas ensemble, la pauvreté augmente dans les Prias. Pour combattre le chômage il faut bien-sûr une action au niveau international. Donc il faut plus d’Europe dans l’Union Européenne et plus de Unions Européennes dans le Monde. Et surtout l’économie doit être plus démocratique.

Or l’Union Européenne n’est qu’une marionnette de l’OTAN qui lui est une marionnette des Etats-Unis. L’Union Européenne n’est plus un exemple pour le monde, ses principaux acquis sont mis en danger par les négociations de libre échange avec les Etats-Unis et le Canada. On veut faire de l’économie un ensemble déréglementé, une bulle prête à exploser à tout moment. Et surtout il s’agit d’asseoir le pouvoir des blancs sur les autres.

D’autres questions importantes sont comment sauvegarder le rôle de l’Etat-Providence et de l’agriculture dans les Prias et faire face au vieillissement des populations en Europe. On remarque qu’un pays comme l’Allemagne doit recourir à l’immigration pour combler la baisse du nombre des naissances et beaucoup de ces immigrés sont des Musulmans, raison de plus pour améliorer le dialogue avec eux.

Il y a quand même une bonne nouvelle : la démocratie s’est imposée un peu partout dans l’Alaba mais il reste aussi des zones d’ombre importantes comme la Chine ou la Russie. Finalement la plus grande réussite de ces 25 dernières années est la fin de l’apartheid en Afrique du Sud. On a vu aussi l’apparition de nouveaux géants en économie comme la Chine, l’Inde ou le Brésil.

La plus grande réalisation depuis la seconde guerre mondiale est l’institution de l’ONU – une première dans l’histoire. Finalement les Etats se sont mis d’accord sur des règles communes et un semblant de coopération. Seule fausse note : son siège est au mauvais endroit. Ce n’est pas des Etats-Unis que peut partir la paix dans le monde, le meilleur exemple est le Proche-Orient.

Par contre un vent de paix et justice peut venir d’Europe mais pour cela partons en guerre contre les pouvoirs occultes qui nous gouvernent et ses services secrets. Exigeons des médias libres et pluralistes. Exigeons la gratuité pour internet. Mettons-nous ensemble et regardons vers l’avant !

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *